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Susanne Abbuehl
Chant
La chanteuse suisse- néerlandaise Susanne Abbuehl, née à Berne en 1970, vit aujourd'hui en Italie. Elle a étudié le chant jazz et classique au Conservatoire royal de la Haye ; elle a notamment travaillé avec la grande chanteuse Jeanne Lee qui expérimentait des techniques vocales de free jazz, mais était également ancrée dans la tradition des standards, la musique africaine et le blues.
Susanne étudie aussi assidûment la musique d'Inde du Nord, à Bombay, avec le maître de chant Prabha
Atre.
Susanne Abbuehl s'est produite partout dans le monde. Après l'accueil chaleureux reçu pour son précédent album « April », elle a entre autre reçu un Edison Award dans la catégorie album de l'année. Elle enseigne dans les départements de musique de Bâle et de Luzerne et donne également des masters class en France, Italie, Angleterre et Hollande…
Sur bien des plans, « Compass », le nouvel album de Susanne
Abbuehl, est un voyage.
À travers texte et musique d'abord – chaque texte, avec son réseau d'images évoquant la saveur vivifiante de l'air marin et les couleurs des fleurs des champs, étant pensé et conçu comme musique pure… Mais aussi un voyage musical traversant d'un pôle à l'autre l'ensemble du continent jazz
– de Chick Corea à Sun Ra – en s'aventurant par moments, à la suite de Luciano Berio, dans l'univers enchanté des chansons folkloriques ; empruntant la prose éminemment poétique de James Joyce ou les vers du poète américain William Carlos Williams, père de la modernité, et du Chinois Feng Meng-Lung contemporain de la dynastie Ming. Un voyage en somme dans un univers musical singulier, tout en subtiles correspondances empruntant autant à l'improvisation qu'à la musique de chambre. Lien essentiel entre tous ces éléments épars : la voix fraîche, sans effet ostentatoire et étrangement envoûtante
d'Abbuehl. Une voix « intérieure » sondant au plus intime
– un peu comme si elle chantait, parlait, susurrait directement au creux de l'oreille de l'auditeur. Une voix qui chante comme si elle pensait tout haut…
Avec « April », son premier disque paru sur ECM en 2001, la jeune chanteuse (moitié suisse, moitié néerlandaise) gagna beaucoup d'amis
– ainsi que l'Edison Music Award. C'était un album plein d'enthousiasmes, un séduisant pot-pourri allant de Carla Bley à la musique indienne en passant par E.E. Cummings… « Compass », enregistré également à Oslo sous la direction du producteur Manfred
Eicher, s'il embrasse une nouvelle fois une large variété d'idiomes et d'idées, semble cependant plus cohérent esthétiquement. On n'y trouve pas de raga cette fois, même s'il apparaît indéniable que la façon qu'a Abbuehl de disposer les sons
– chaque note est à sa place et il semble que la chanteuse dispose d'un temps infini pour en explorer chaque détail
– ainsi que cette atmosphère lancinante si particulière dont elle aime envelopper ses compositions, viennent directement de sa passion toujours vivace pour la musique indienne. Le groupe qui l'accompagne lui aussi a évolué vers plus de cohérence et d'intégrité
– le grain de la voix de Susanne et celui de la clarinette de Christof May n'ayant jamais semblés si proches qu'ici, telles deux respirations s'enlaçant dans un espace feutré… Autre élément central dans l'économie générale de la formation : le piano élégant et économe de Wolfert
Brederode. Quant au nouveau batteur, Lucas Niggli, dessinant un arrière-plan fascinant tout en improvisations libres, il donne forme et souligne en gestes fluides la moindre intention, le moindre sous-entendu.
« Bathyal », texte et musique de la chanteuse, est le titre qui ouvre le disque
– le piano de Brederode submergeant en vagues déchiquetées la batterie bruitiste de Niggli. Susanne résume ainsi le mouvement général de la pièce : « Un rêve dansant sur la mer, s'opposant à la résistance des flots. »
C'est dans l'extraordinaire cycle des « Folk Songs » composé par Luciano Berio que Susanne Abbuehl a entendu pour la première fois « Black is the
Color… » du chanteur John Jabob Niles originaire du Kentucky ainsi que la chanson traditionnelle française « La Fiolaire ». Proposant de nouveaux arrangements, Susanne met l'accent dans son interprétation sur le caractère oral, proche de la parole, de ces compositions populaires et réduit l'instrumentation à une simple confrontation voix/clarinettes
– le maître français des clarinettes, Michel Portal, rejoignant pour l'occasion Abbuehl et Christof May. Au fil des années « Black is the color » a connu de nombreux interprètes, de Cathy Berberian à Patty Waters en passant par Nina Simone ou Robin Williamson
– on en trouve également une très belle version instrumentale sur un album ECM de 1984 de Marc Johnson avec Bill Frisell et John
Scofield. L'arrangement d'Abbuehl est un modèle de discrétion et de réserve : le morceau n'en est que plus fort d'un point de vue expressif. « La Fiolaire », chanson originaire d'Auvergne, raconte l'histoire d'une bonne qui, arrimée à son métier à tisser, est amenée à expliquer comment elle en est venue à donner deux baisers à un berger alors qu'il n'en réclamait qu'un seul. « J'adore la façon dont les syllabes sonnent dans cette langue, et puis la mélodie très particulière, qui combine des modes différents, est vraiment merveilleuse. C'est le mode dorien avec ses lignes ascendantes qui lance la mélodie, et établit un climat d'ouverture particulièrement propice au chant ; puis plus tard on passe en mineur à un mode éolien… »
Le seul standard de jazz de l'album, interprété sur un tempo exceptionnellement lent d'une beauté vénéneuse, est « Where Flamingos Flys », traduisant de façon extrêmement imagée la solitude du front de mer, le cri déchirant des mouettes, le navire sur le départ : « Regardez ce bateau emporter mon amour / Là où les flamants roses s'envolent. » Abbuehl a découvert cette chanson dans l'album de Ran Blake et Jeanne Lee « The Newest Sound Around » paru en 1962, et a été également très impressionnée par la version qu'en a donnée Gil Evans sur l'album « Out of the Cool »… Susanne qui a eu le grand privilège d'étudier avec Jeanne Lee, continue de considérer la regrettée grande chanteuse de jazz comme un de ses principaux mentors.
« Sea ! Sea ! » est un arrangement libre d'échantillons de proses puisés dans l'extraordinaire flux sonore que constitue « Finnegan's Wake », ce vaste texte épique qu'Anthony Burgess décrivit un jour comme « plus proche d'une
œuvre de la nature que quoi que ce soit d'autre, imaginé par un artiste jusqu'à ce jour.» Comme de nombreux lecteurs avant elle, Abbuehl a tracé sa route singulière et zigzagante dans la matière de ce texte, fasciné par sa puissance sonore et ne saisissant le sens que par intermittence. (C'est un rêve après tout !). Ce morceau, qu'elle interprète comme un rapper littéraire,
swinguant et tanguant à travers les rythmes syllabiques et les chaînes d'allitérations, est sans doute l'un des plus fascinants de cette sélection.
On trouve trois autres pièces de James Joyce dans le disque : « The Twilight Turns from Amethyst », « Bright Cap and Steamers » et « In the Dark Pine-Wood », toutes tirées du recueil intitulé « Musique de chambre » composé en 1907, et aussi simples et limpides que « Wake » peut être opaque. Composées sur le modèle de la poésie élisabéthaine, ces petits pièces amoureuses légères et lyriques, sont faites pour être mises en musique, et de fait l'ont été de nombreuses fois au cours du siècle dernier… Mais Abbuehl et son orchestre leur ont donné ici des formes très novatrices. « The
Twilight… » devient ainsi une ballade de jazz tellement convaincante avec ses images de jeune fille mélancolique courbant la tête sur les touches jaunies du piano, qu'elle pourrait très bien sous cette forme s'imposer comme un nouveau standard. Manifestement, à écouter ce qu'en fait Abbuelh
ici, ce texte semble avoir été écrit pour devenir un jour une chanson de jazz.
Aux touches jaunes ivoire du piano viennent se substituer ensuite les fleurs jaunes du poème « Primrose » de William Carlos Williams. « Jaune, jaune, jaune ! Ce n'est pas une couleur ! C'est l'été ! » Williams, l'un des tout premiers poètes à entrevoir des correspondances entre poésie et peinture moderne, évoque le poème comme « un champ d'action ». Parmi toutes ses activités relevant de l'improvisation, Abbuehl aime à créer des structures sur le modèle très libre que Williams a légué
–appréciant également chez le poète son plaisir face aux petites choses qui à la fois donnent forme et enrichissent le monde : « Des touffes d'herbe pourpre tachent / la verte prairie et embuent le ciel ».
Il y a quelque chose de lumineux dans les observations de William qui le rapproche de la poésie orientale. Il fut de fait inspiré par cette tradition à travers son amitié avec Ezra pound, que T.S. Eliot appelait ironiquement « l'inventeur de la poésie chinoise pour notre époque.» Quand Pound éditait à Londres sa « Little Review », il publia des textes de Williams mais aussi de Joyce ainsi que des poètes chinois traduits par Arthur
Waley, un étudiant basé à Bloomsbury qui allait bientôt
faire partie intégrante du nouveau mouvement littéraire. Les traductions de Waley parviennent souvent à atteindre un caractère informel tout en relâchement qui participe pleinement de cette modernité. Ainsi,
par exemple, sa version de « Don't Set sail » de Feng-Meng Lung (1574-1645) :
«Don't set sail/the wind is rising/and the weather none too
good/far better come back to my house/If there is anything you want just tell me/if you're cold, my body is warm…» Susanne a découvert ce poème à Londres, quand elle suivait des cours à la School of
Sound. Le metteur en scène Piers Plowright vint y présenter un extrait de son documentaire réalisé pour la BBC, consacré à Alison
Waley, la veuve du traducteur, au cours duquel elle lit précisément ce poème. Abbuehl a métamorphosé le texte en une émouvante ballade nocturne, interprétée tout en délicatesse, en duo avec Wolfer
Brederode.
Accompagnant sa musique d'un discours singulier, tout à la fois mystique et scientifique, Sun Ra, grande figure atypique de l'histoire du jazz moderne, a enregistré à de nombreuses reprises « A Call For All Demons », présentant cette composition (selon son manager Alton Abraham) comme « un avertissement destiné aux générations futures ». Les paroles de Susanne
Abbuelh, moins apocalyptiques et non dénuées d'humour, évoquent l'éternel combat au sein de chaque individu entre l' « ange » et le « démon ». Dans le but de convoquer les démons, la clarinette basse s'engage dans une danse sardonique assagie par les harmonies du piano et les friselis métalliques des percussions. « J'adore les compositions de Sun Ra » avoue Susanne,
– « C'est une écriture très asymétrique mais jamais illogique. Chez lui, même les options les plus radicales sonnent avec un grand naturel
– c'est sans doute ce que j'apprécie le plus chez lui. »
Abbuehl a également composé des propos originaux sur le thème de Chick Corea « Children Song n°1 », à la grande satisfaction du pianiste. Le caractère enjoué de la mélodie, avec ses sauts d'intervalle évoquant des pierres ricochant à la surface d'une mare, a tout de suite trouvé un écho dans la poésie optimiste de Susanne. La première des « Children Song » date de 1971 et a été publiée pour la première fois sur l'album ECM « Crystal Silence » dans une version en duo présentant Chick en compagnie de Gary Burton. Plus tard, encouragé par Manfred
Eicher, Corea composa tout un cycle de ces pièces et les enregistra pour ECM en 1983. Il y a là tout un répertoire qui mérite qu'on y revienne, selon
Abbuelh, et qui n'est pas si éloigné, dans son extrême simplicité, à la fois désarmante et presque décevante, du cycle « Mikrokosmos » de Bartok ou de « Jatekok » de Kurtag (dans les deux cas des œuvres consacrées à l'enfance, sans la moindre condescendance).
© Copyright Le New Morning, 2006.
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septembre 2006.
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ABIGOBA
Groupe
ABIGOBA ou la fusion «
jazz on groove » à l’état pur est un groupe de jazz lyonnais
atypique ; aux influences éclectiques, le Sextet ABIGOBA, ose mélanger
allègrement acid-jazz, funk, rock, électro à un jazz authentique
pour nous offrir une musique « jubilatoire » et toujours mieux
renforcer le caractère singulier et original de leur musique. ABIGOBA
nous montre avec son quatrième album « URBAN JAZZ PRESSURE COOKER »
que musicalité, modernité et authenticité ne sont pas incompatibles
et nous dévoile une musique aux arrangements résolument innovants.
© Copyright Le New Morning, 2007.
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novembre 2007.
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Paul Abirached
Guitare
Né en 1977 à Paris, Paul ABIRACHED débute la guitare à l'âge de
quinze ans. Après avoir obtenu une licence de lettres en 1998, il décide
de se consacrer entièrement à la musique. Il entre alors au
Conservatoire Nadia et Lili Boulanger du IXème arrondissement de
Paris où il suit les cours d'ensemble du vibraphoniste Philippe MACE,
étudie l'harmonie avec le pianiste Bernard MAURY, et l'arrangement
avec le saxophoniste Pierre BERTRAND. Il travaille la guitare auprès
de Marco CAMPO-ARRIS et Misja FITZGERALD-MICHEL.
En 2001, il obtient un DEUG de musicologie à l'université de
Saint-Denis, où il participe au workshop du contrebassiste Yves
TORCHINSKY et assiste à plusieurs master-class dans le cadre du
festival Banlieues Bleues avec Joe BOWIE, Abbey LINCOLN, Roy HAYNES,
François CORNELOUP. Depuis 2003, il enseigne la guitare au sein de
l'Institut de Culture Musicale. Il se produit en concert aux Sept Lézards,
au Petit Opportun, au Studio des Islettes, au Franc-Pinot, au théâtre
du Lucernaire, au théâtre du Plessis-Robinson, à l'Européen... et
travaille dans ses formations avec entre autres Misja
Fitzgerald-Michel, Rémi Jeannin, Maki Nakano, Claudio Pallaro, Michel
Rosciglione, Thierry Tardieu, Nicolas Vidal...
© Copyright Le 7 Lézards, 2007.
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juillet 2007.
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Rabih Abou-Khalil
Oud
R A B I H A B O U – K H
A L I L
So n g s f o r S a d W o m e n (Chansons pour les femmes tristes)
CD & Tournée 2007 avec GEVORG DABAGHYAN - Duduk
Le nouveau CD Songs for sad Women (Chansons pour les femmes tristes)
signé par le joueur de oud virtuose et compositeur libanais Rabih
Abou-Khalil est sorti au printemps 2007.
Tandis que ses albums Cactus of Knowledge et Morton’s Foot et ses
performances sur scène, accompagné de l’Ensemble Modern et le BBC
Concert Orchestra, mettaient en avant des compositions intenses, presque
effrénées parfois, son travail avec le pianiste Joachim Kühn
s’inspirait de l’improvisation jazz. La collaboration avec Kühn –
une expérience plutôt improbable et risquée selon les amateurs de la
musique d’Abou-Khalil – fut un grand succès, à la fois sur scène
et sur le CD Journey to the Centre an Egg.
Le dernier CD Songs for sad Women marque à nouveau un tournant dans la
carrière d’Abou-Khalil – une virée vers le mélancolique sans
renoncer aux traits caractéristiques de sa musique.
Une nouvelle approche rendue en grande partie possible grâce au maître
musicien arménien Gevorg Dabarghyan et son jeu porteur d’ambiance élégiaque.
Le duduk, le hautbois traditionnel de l’Arménie et comparable au
shenai indien, produit le son le plus mélancolique qu’on puisse
imaginer. Dabaghyan enseigne le duduk au conservatoire d’Erivan. Il
doit sa renommée internationale à son travail avec le Silk Road
Project du violoncelliste Yo-Yo Ma avec lequel il a beaucoup tourné.
Les deux autres membres du quartet d’Abou-Khalil sont des compagnons
de longue date – le formidable joueur de tuba français Michel Godard
au serpent, un instrument ancien, un genre de cor en forme de serpent
avec un son très grave et mélodieux ; et le maître percussionniste américain
Jarrod Cagwin à la batterie, un musicien hors pair et un atout pour ce
projet comme pour tant d’autres avec Abou-Khalil.
Les mélodies du disque créent une ambiance chaleureuse et paisible,
une énergie presque féminine. Le son produit par ces vieux instruments
traditionnels est lancinant, comme un parfum autrefois familier qui réveille
des mémoires d’antan et les ressuscite. La musique pénètre au plus
profond de l’âme, apaisante et réconciliant.
Songs for sad Women de Rabih Abou-Khalil est imprégné d’un sentiment
de tristesse, de perte et d’un avenir raté. Une œuvre qui devrait
vraisemblablement percer encore plus profondément que jamais les cœurs
de ceux qui l’écouteront– un hommage aux femmes et aux mères
libanaises si terriblement affectées par la guerre au Liban en 2006.
© Copyright Le New Morning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion,
novembre 2007.
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Acauã
Auteur-compositeur
Né
à Salvador de Bahia, terre de magie, de
rythme et de poésie, Acauã, jeune auteur
compositeur, vient de sortir son
troisième album « Pelas
Esquinas ». Poète tout en douceur, au
charisme indéniable, Acauã nous offre un
répertoire influencé par ses maîtres (T.
Jobim, S. Wonder, Djavan, C. Veloso, G.
Gil…), aux teintes jazz, samba, baião.
Après avoir dernièrement joué avec Bonga,
Acauã viendra présenter son nouvel
opus pour le festival
Paris-Brasil…
Élevé
par ses parents avec ses six frères et
sœurs dans un quartier de la périphérie de
la ville, stimulé depuis son plus jeune
âge par la musicalité ambiante des rues de
Salvador de Bahia, Acauã apprit à
jouer de la guitare en
autodidacte, en faisant ainsi sa
partenaire indissociable. C'est en jouant
et chantant la nuit dans les bars de Bahia
qu'il a gagné ses lettres de noblesse en
tant que musicien
professionnel.
Son goût
pour la composition s’est affiné en
écoutant les maîtres tels que Tom Jobim,
Stevie Wonder, Djavan, Caetano Veloso et
Gilberto Gil. En 1992, ressentant le
besoin de développer ses projets, Acauã
arrive à Rio de Janeiro et parvient très
rapidement à vivre de sa musique en se
produisant dans cette ville.
En 1994 il
signe un contrat avec Koalla Records pour le
lancement de son premier album,
«
Marfim »
(Ivoire). Le répertoire de cet album
réunit toutes ses influences : entre autres, jazz, samba, baião. Un
véritable travail d'auteur aux arrangements
doux et à la poésie inspiratrice, comme en
témoigne la chanson « Amor de
Marfim » (Amour en ivoire), dont on
pourrait traduire rapidement le refrain ainsi
: « J'ai besoin de ma raison, même quand
l'émotion s'insinue aussi fort entre les
pierres dont je suis fait, un amour en
ivoire ». Avec ce premier opus, l'artiste
entre sur le marché du disque.
En 2002,
sur la recommandation du compositeur à
succès Altair Veloso,
Acauã célèbre sa reconnaissance en tant
que compositeur en signant un contrat
d'exclusivité avec Warner
Chappel, commençant alors à
composer le répertoire de son second album,
«
Figura ».
Acauã fait appel à Arthur
Maya (bassiste et producteur
musical) pour le produire. Attentif à ne
pas être répétitif, il recherche à
l'intérieur de son propre style un son
plus dansant. Autre grand allié du
musicien dans ce projet : le
guitariste et producteur
Robertinho de Recife. Et
c'est lui qui signe la direction
artistique de l’album
« Figura », qui est lancé par sa
maison de disque et distribué par Sony Music.
Le
musicien trouve alors sa place non
seulement au Brésil mais aussi en
Europe, en particulier en France
et en Allemagne. Le musicien parvient à
imposer son chant, sa poésie, sa musique,
avec beaucoup de personnalité. Le public,
complètement sous le charme, l'accompagne
avec enthousiasme lors des concerts. Il
partage en outre la scène avec des
artistes prestigieux comme Chico
Cesar, avec lequel il a chanté
lors du Festival d'Offenburg en 2004, ou
encore Bonga, lors du
festival de Samba 2005 en
Allemagne. C'est dans ce contexte
d'ouverture internationale que le musicien
s'apprête à lancer son troisième
album intitulé de façon poétique
« Pelas
Esquinas ». Le cd
comprend dix morceaux, où la composition
apparaît immédiatement comme l'élément
essentiel d'un travail très
élaboré…
Site : http://www.acaua.com
© Copyright Muriel BURNOD, association World Music, 2006.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, juillet 2006.
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AFRICANDO
Miguel GOMEZ (perc)
Edivandro BORGES (tb)
Pedro GNONNAS (voc)
Sekouba DIABATE (voc)
Miguel RIOS MORALES (bongos, campanas, tambores, bata)
Mamadou TRAORE (voc)
VINH LE (p)
Guillermo FELLOVE (tp)
Jean-Pierre ISMAEL (timbals)
Alain DESHAYS (b)
En 92, le producteur sénégalais Ibrahim Sylla crée Africando avec Pape Seck, Medoune Diallo de l'Orchestre Baobab et Nicholas Menheim. Les 3 chanteurs sont accompagnés, aux cuivres et aux percussions, par des musiciens new-yorkais de salsa. Africando interprète en wolof, mandingue et peul des reprises de classiques de la salsa. Le groupe continue sans Pape Seck, mort en 95 d'un cancer, et s'impose dans les clubs et les radios africaines et européennes. Leur 5° album Betece réunit Medoune Diallo, membre fondateur du groupe, et des invités célèbres comme Gnonnas Pedro, Salif Keita et Thione
Seck.
Africando All Stars "Betece"
Depuis quelques années, la Salsa connaît un développement considérable auprès des musiciens africains. Cela n'est en fait qu'un juste retour des choses : on oublie trop souvent que cette musique, si elle s'est développée et a trouvé ses marques de noblesse à Cuba, s'inspire en réalité de rythmes ancestraux provenus du continent noir. La formation responsable de ce retour fracassant de la Salsa sur sa terre maternelle n'est autre qu'Africando. En quatre albums et un peu moins d'une décennie, ce collectif a révolutionné la musique africaine et offert un véritable bain de jouvence aux traditions vieillissantes de la Salsa cubaine. La musique dite " Afro-cubaine " était née.
Les premiers instants de la musique cubaine ont été vécus au Sénégal vers les années 50. Mais en ce temps là, la musique sénégalaise en tant que telle, le "mbalakh", n’existait pas encore. La musique cubaine rythmait en ce moment-là les matinées dansantes. Ce qui n’était rien d’autre que le Son, une des facettes de cette musique qui nous venait de la Grande île, sur des disques 78 tours et qui faisait danser nos parents au même titre que le Mérengué, le Cha-cha-cha, la Pachanga, la Rumba, etc. Il y avait aussi la musique antillaise qui n’était pas le Zouk et un embryon de musique cap-verdienne avec les tout premiers Coladéras. C’est toutes ces formes musicales qui ont évolué pour donner naissance à la Salsa.
© Copyright Le New Morning, 2006.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
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AGADEZ
Chant
Kabyle né en Algérie et voyageur
insatiable, Annis Kerais pose ses valises à Angers en 2001 après
avoir sillonné l’Europe. Deux très belles rencontres musicales plus
tard – les groupes Lo’Jo et Tinariwen – il décide de se
consacrer à un rêve qui le hante depuis de nombreuses années : la
musique. Il prend alors le nom d’Agadez pour la scène et entreprend
d’aiguiser sa sensibilité artistique. Au fil du temps, chacun de ses
concerts lui permet de peaufiner son style, qui remporte l’adhésion
du public.
Fin 2005, Agadez décide de
s’installer à Paris. Il y teste différentes formules jusqu’à sa
rencontre avec Abdoulaye Traoré, guitariste burkinabé. Ce dernier
sera le partenaire idéal pour mettre en valeur l’idée essentielle
d’Agadez : réunir les Afriques Blanche et Noire par la musique. Si
Agadez joue à la manière "berbère", Abdoulaye est un
guitariste dans le style "mandingue". Cette alliance mélodique,
qualifiée de "blues du désert", est renforcée par la voix
légèrement rocailleuse d'Agadez, deux merveilleuses choristes et un
talentueux duo rythmique.
Chaouis, Schleuh, Kabyles,
Touaregs... Tous ces peuples appartiennent aux Imazhigen, l’ethnie
berbère. Agadez rend hommage à cette grande famille en chantant dans
sa propre langue, le Tamazight. Il puise son inspiration dans le
silence sans chercher d’autres influences que la culture afro-berbère,
jouant avec les traditions selon son bon plaisir. Il respecte en cela
ses origine, Imazighen signifiant "Homme libre" en Tamazight.
Portées par la générosité de ce
berbère au cœur d’or, les chansons d'Agadez forment de
merveilleuses oasis de sérénité. Simples, belles et chaleureuses,
elles respirent le savoir-vivre des peuples de l’Afrique.
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, avril 2007.
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Mina Agossi
Voix
Mina AGOSSI «WHO WANTS
LOVE ? » CD CANDID/harmonia mundi - www.mina-agossi.com
Sortie le 29 mars 2007
“Success in the performing world has always demanded extraordinary
talent or bring different. Mina Agossi is certainly different in this
world of excessive sameness. She travels to different levels that I
find most refreshing and fascinating.” Ahmad Jamal
LA BOXEUSE DU JAZZ VOCAL !
Tout le monde le sait, c'est sur scène que les chanteuses de jazz
donnent le meilleur d'elles-mêmes. Ce constat irréfutable se vérifie
une fois de plus avec ce disque brûlant de Mina Agossi, qui a été
enregistré tout récemment au Jazz Standard de New York, et qui s'avère
un témoignage irréprochable d'une musique accrocheuse et incisive.
À mi-chemin entre la classe et le verbe protestataire d'une Abbey
Lincoln et les dérapages contrôlés d'une Natalia M King, Mina Agossi
accompagnée de son trio défie les styles et sculpte un groove brûlant.
Née en 1972 d'une mère
française et d'un père béninois, Mina Agossi est réellement une
chanteuse pas comme les autres, et elle jette du piment dans l'univers
d'un jazz vocal féminin qui est trop souvent aseptisé.
"Qui veut de l'amour ?", demande la chanteuse dans ce dernier
album sauvage et lumineux… La réponse se trouve quelque part au fil
de cette dizaine de titres, qui vont de Jimi Hendrix à Cole Porter en
passant par Gershwin et des compositions originales comme "Aloe"
ou "You came back". Et puis, il est intéressant de réaliser
que la musique de Mina Agossi porte en elle le ferment de toutes les
musiques noires : l'esprit du blues, le tempo de la soul, la transe du
funk, l'improvisation du jazz, le tout étant canalisé par sa voix
unique...
Si des albums comme
"Alkemi", "Zaboum !" et "Well You Needn't"
ont déjà marqué les mélomanes, nul doute que "Who Wants Love
?" va achever de projeter dans la lumière cette vocaliste oh
combien excitante.
BIOGRAPHIE
Mina Agossi est née en France en 1972. Elle étudie le théâtre et
vit dans différents pays comme le Niger, le Maroc, la Côte d’Ivoire,
l'Espagne, puis en France où elle retourne en 1992. Elle débute sa
carrière de musicienne professionnelle en chantant du blues.
En 1993, elle s’installe en Bretagne, et rejoint un groupe qui joue
du "new orleans". Elle commence à tourner en France et en
Irlande. Petit à petit son intérêt pour le jazz moderne prend forme.
En 1995 elle rencontre le contrebassiste Vincent Guérin. Elle publie
en 1997 son premier album « Voice and Bass », où l'on trouve déjà
les ingrédients de son style actuel, avec notamment ce mélange de
compositions personnelles et d'interprétations choisies de standards.
Parmi les plus beaux
souvenirs, Mina Agossi cite deux « master class » : la première à
Boston avec Sheila Jordan, la seconde en France avec Jeanne Lee. Ces
rencontres lui permettent de mûrir en tant que chanteuse et de forger
sa personnalité musicale.
En s’installant à Paris en 1999, elle rencontre le batteur Philippe
Combelle, et anime pendant un an des jam-sessions au Caveau des
Oubliettes. C'est l'année suivante que sort l'album « Alkemi »
distingué de multiples récompenses par la critique. Puis, elle monte
son premier trio avec Alexandre Hièle à la contrebasse et Bertrand
Perrin à la batterie. Le groupe tourne en Europe, aux États-Unis,
dans le monde entier. "E-Z pass to Brooklyn", enregistré
live à New York, en offre une trace savoureuse, et posera les bases de
la "'Mina's touch", avec ce côté abrupt émaillé
d'improvisations, où flottent le fantôme de Jimi Hendrix et des
relectures insolites de vieux standards américains.
Sans oublier ses
fondamentaux blues et jazz, la chanteuse se frotte au hip hop, à la
"world music", au rock... « Mina Agossi est sur la voie
des Grandes ! », dit d'elle Archie Shepp pendant cette période très
riche où elle multiplie les expériences, jouant avec le Polonais Adam
Pieronscyk, le groupe français Mukta, la formation russe d’Alexeï
Aigui « 4’33'', Aldo Romano, et bien d'autres encore.
En 2004, Mina Agossi
sort « Caroussel » qui charme une fois de plus la critique, puis se
fait remarquer à l’Opéra de Lyon pour une création d'après « La
Belle et La Bête ». L'Anglais Alan Bates, le directeur de Candid
Records, la remarque et décide de signer un contrat avec elle pour
plusieurs disques. Après l'anthologie « Zaboum » et « Well You
Needn't » , qui sera réalisé avec un groupe remanié où l'on trouve
le batteur Ichiro Onoe, "Who Wants Love ?" est une nouvelle
étape de la carrière de cette vocaliste atypique et attachante.
© Copyright Le New Morning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, mai 2007.
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Monty Alexander
Piano
Pianiste jamaïcain né à Kingston, Monty Alexander possède un des touchers pianistiques les plus particuliers du monde du jazz. La critique le considère comme
" un superbe professionnel qui utilise le vocabulaire du piano-jazz avec beaucoup d'intelligence, d'inspiration, de vitalité et d'éloquence
". La description est on ne peut plus parfaite. Écouter Monty Alexander est une expérience riche, pleine de spontanéité, de
vigueur ; c'est un hymne à la vie et à la musique. Cet artiste génial, ce musicien aux multiples facettes peut tout
faire : du lyrique, des ballades, du be bop, du stride, des calypsos, les swing les plus difficiles qu'il ait été donné d'entendre, les chorus de Nat King Cole, du jazz latin et des Caraïbes, du folk, des hymnes religieux... tant de parfums et de couleurs dispensés avec joie, émotion, intelligence, sensibilité, dévotion et humour, tradition et aventure.
Souvent comparé à Oscar Peterson, Nat Cole, Ahmad Jamal et tant d'autres, il développe en réalité un style qui lui est propre, une vigoureuse joie de vivre qui colore toute son œuvre. Son jeu se ressent autant qu'il s'entend... En effet, quand on assiste à ses spectacles, on constate le plaisir qu'il a à jouer et la façon dont il captive l'attention du public est caractéristique de sa fraîcheur intérieure.
" C'est facile de s'amuser " dit-il avec son accent jamaïcain.
" Le jazz permet aux choses d'exister. Quand je joue, quelque chose me submerge de l'intérieur... c'est comme une sorte de célébration... presque une expérience religieuse. Le jazz est une musique spirituelle, la plus belle et la plus pure qui
soit."
C'est à l'âge de 17 ans que Monty Alexander rejoint Miami et fait ses débuts aux
États-Unis. Il joue et enregistre avec les plus grands : Ray Brown, Milt Jackson, Dizzy Gillespie, Clark Terry, Sonny Rollins... mais grave également 50 disques dont il est le principal interprète
; invité à enregistrer avec Quincy Jones, il travaille également sur des musiques de films, notamment avec Clint Eastwood pour "Bird", magnifique film sur la vie de Charlie Parker, et assiste Natalie Cole sur le disque qui rend hommage à son père, "Unforgettable", disque qui reçoit sept Grammy awards.
© Copyright Le New Morning, 2006.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
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Irshad Ali
Chant
En entendant le maître, il a immédiatement
su que sa vie serait consacrée à cet art de la tradition soufie
indo-pakistanaise. Entouré de ses frères et cousins, habité par son
propos, il distille une puissance et une douceur auxquelles la vérité
de son chant donne encore plus de force.
Irshad Ali a déjà chanté dans de
nombreux festivals en France, Belgique, Allemagne, Suisse et Angleterre
(notamment le Womad Festival de Reading).
Le Qawwalî est un
genre musical populaire de l’Inde et du Pakistan qui exprime une dévotion
islamique soufi. Il trouve son origine dans l'Inde du XIVe siècle. Les
chansons de Qawwalî se classent en deux groupes : les hamd ou
manqabat qui sont des chants dévotionnels dédiés à Allah et les
ghazal qui sont des chants profanes qui célèbrent le vin ou l'amour.
Il est joué dans les régions indopakistanaise depuis des siècles et
transmis de génération en génération dans des familles de
chanteurs.
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
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septembre 2007.
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Philippe Allain-Dupré
Flûtes
Né
à Brest, le premier intérêt de Philippe
Allain-Dupré fut pour la musique celtique,
découverte grâce aux Bagadou où se mêlaient la bombarde bretonne et
la cornemuse écossaise. Il a effectué de profondes recherches
organologiques et musicologiques sur la
flûte traversière à la Renaissance
et a contribué à explorer le répertoire destiné à cet instrument.
Il a fondé le quintette "les flûtes d'alleman" pour le
promouvoir et lui a consacré un livre : " les flûtes de Claude
Rafi, "fleustier" lyonnais au XVIème siècle ", récemment
publié chez FUZEAU. Il est également l'auteur de nombreuses autres publications. Philippe
est l'arrière-arrière-arrière petit-fils de Jean-Baptiste Allain-Dupré,
auteur en 1771 d'un opéra, Appollon
et Cyrène, récemment retrouvé, et de sonates
pour clavecin. Jean-Baptiste était maître de clavecin, organiste et maître
de Chapelle au chapitre de St Martin de Tours de 1761 à la Révolution.
© Copyright L'Archipel, 2008.
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février 200.
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Bernard Allison
Guitare,
Chant
DERNIER ALBUM : « CHILLS
& THRILLS SORTI EN NOVEMRE 2007
Bernard Allison est né à Chicago en 1965.
Si être le fils cadet de Luther Allison peut être difficile à porter,
il permet de bien débuter en tous les cas, ce qu’il fait dès son
plus jeune âge avec une première apparition sur disque, à l’âge de
13 ans, sur l’album "live" de son père. Peu après avoir
obtenu son baccalauréat (équivalent américain), il fait un
apprentissage de la guitare pendant trois ans auprès de Koko Taylor. Il
jouera aussi dans la dernière formation de Willie Dixon, mais aussi régulièrement
avec son père sur scène, comme lors du Chicago Blues Festival en 1983.
Lors de ses années d’apprentissage, Bernard est très intéressé par
les guitaristes texans, en particulier les parties de slide de Johnny
Winter et, à la fin des 80's, les pavés sonores d’un certain Stevie
Ray Vaughan.
Avec son bagage technique, Bernard part vivre de sa musique à Paris, en
1989, avec son père. Il l’accompagne ensuite sur plusieurs tournées
américaines et donne de sa guitare sur deux pistes du dernier album de
son père : « Reckless », avant que celui-ci ne décède brutalement
d’un cancer en 1997.
A l’opposé d’autres bluesmen, Bernard a préféré prendre un
chemin un peu différent. Plutôt que de faire fructifier son nom aux
States et de partir en tournée en Europe, il est resté en Europe,
revenant jouer au pays dans les 90's.
Malgré un talent pour déchaîner les foules comme son père, Bernard
n’en est pas le clone pour autant. Il a su se tracer sa propre voie, mélangeant
blues traditionnel et sons modernes tels que funk ou hip-hop. La tâche
n’est pas des plus simples. Prolonger l’héritage paternel et du
blues en général sans faire de la copie pure, tel est le sacerdoce du
jeune bluesman.
Bernard Allison totes the same smokin’ six string shooter that his
late father Luther Allison assaulted the blues with. And he is blessed
with his father’s soulful voice, spiritual devotion, and a musical
freedom which experiments with the blues.
Born in Chicago on November 26th, 1965, the youngest of nine children
Bernard was first introduced to the roots of black music and the art of
the electric guitar by his father, the late great Luther Allison. Like
Ken Griffey Jr. hanging out in baseball locker rooms as a youth,
Luther’s son was the kid running on-stage throughout the band’s set.
Experiences like that profoundly effect one’s aspirations. “That’s
when I decided I wanted to be up there like him. I think I was seven.”
“I didn’t start to play ‘til I was maybe 10 years of age”
Bernard recalled “I picked up the guitar and listened to his
records.” While Luther was absent, his record collection played a
major role in shaping the son’s direction. Bernard listened to his
dad’s influences like Magic Sam, Otis Rush, T-Bone Walker, Lightnin’
Hopkins, and B.B. King. He also got into the next generation that
followed, people like Stevie Ray Vaughan, Johnny Winter, and Jimi
Hendrix.
Bernard made his first appearance on record at age 13, when he played on
a live LP his father recorded in Peoria, IL. “When we moved to Peoria,
Dad came home preparing to do his live album in Peoria, I hooked up the
amplifier and guitar in the basement and started playing his first
record, Love Me Mama, note for note. He freaked out and said tonight
you’re gonna record with me. That was my first recording. I played
“You Don’t Love Me Know More” and “Sweet Home Chicago.”
Luther brought Bernard my first guitar, a Fender Stratocaster, and told
him to first get an education. At 18, Bernard joined his father on-stage
at the 1983 Chicago Blues Festival. Then, one week he graduated from
high school, Bernard got a call from Koko Taylor asking to be her lead
guitar player. He joined Koko Taylor’s Blues Machine for three years.
“Koko and Pops Taylor taught mew the do’s and don’t’s of the
road. Bein’ really careful and watching people. They were like my mom
and pops. It was a great education, I was able to tour the world and see
different cultures.We backed Willie Dixon, Koko was the only group I
played in besides my father.”
The 1980’s became Bernard’s classroom
as both learner and teacher. Relationships in the 80’s with Johnny
Winter and Stevie Ray Vaughan expanded Bernard’s guitar foundation.
For a year and a half, Bernard lived and played in London, Ontario. Then,
in 1989, Bernard flew to Europe to record with his father, was asked to
lead the band, and, like his father, adopted permanent residence in
Europe. A recording of the furious collaboration between Luther and
Bernard at the 1989 Chicago Blues Festival can be heard on the Luther
Allison album Let’s Try It Again, on RUF Records. One year later,
Bernard released his first solo album in 1990 with the significant title
The Next Generation. Allison followed that in 1993 with Hang On, then
Funkifino, No Mercy. Bernard’s other titles during the 1990’s
included Born With The Blues, Keepin' The Blues Alive, and Times Are
Changing. In the new millennium, Bernard’s recordings include Across
The Water, Storms Of Life, Kentucky Fried Blues, the highly personal
Higher Power, and Energized, a live recording and DVD from a 2005 show.
One look at that DVD and it’s obvious that Bernard has inherited
Luther's knack for igniting audiences; but he's no clone of his famous
father. He is definitely blazing his own path with a style that reflects
a unique mix of traditional and modern influences. The Allison torch has
been passed, and it's clear that Bernard takes his role as its bearer
very seriously. He's assumed the challenge of keeping the blues alive
and growing - a commitment he renews every time he takes the stage.
“I’m gonna try my best to pick up where he left off, but I can’t
be Luther Allison, I can only be myself. In the beginning everyone
expects me to be exactly like him, but we are two different musicians.”
As a true “son of the blues,” Bernard possesses the requisite guitar
feel and vocal intonations necessary to push his blues into the next
century. He knows the energy level necessary to hold audiences and
combines a enough showmanship and spontaneity to push the performance in
fresh, innovative directions each night. “In order for anything to
expand, you have to take a risk,” says Bernard. “Blues is about
experimenting and getting your feelings across to someone else. And if
you want to keep it going, people are going to have to give it all a
chance because we’re losing all our creators. Because I’ve been
taking risks on every album I’ve recorded, this record is just a
logical progression from everything else I’ve done. Instead of playing
rippin’ 12 bar blues guitar over and over, there are bluesy songs,
soul, funk, R&B songs and a couple of rock things which shows the
overall musicianship of Bernard Allison.”
That musicianship is no clearer than on his current record, Chills And
Thrills. After 17 years of recording experience, Bernard has perfected
his sound. Instead of just using his guitar, Bernard has become mature
the artist who uses the full palate of musical colors in his band to
paint his stories. If there ever was a CD for all occasions, this is it.
It’s got the chill songs to curl up with on a rainy day, or the thrill
music you’ll blast when you’re driving late at night. By adding the
rhythm guitar of Bernard’s guitar soulmate Eric Gales, every song
explodes into a guitar player's head trip. The title cut opens the
record with Bernard’s trademark funk meets blues sound. that signature
sound permeates other tunes like “Compromising For Your Need,”
“Heart of St. Paul,” and “Groove With Me,” Bernard’s treatise
on the modernesque blues he’ll continue to play around the world. But
Bernard’s got so much more. On “So Devine” Bruce McCabe’s piano
and Jose James’ alto sax steals the show. On “Just Me And My Guitar,”
Bernard shows off the frantic slide techniques he learned in the
1980’s from Johnny Winter. For slow blues, Bernard and pianist Rusty
Hall turn in a first rate guitar and piano performance on “That’s
Why I’m Crying.” But any fan of Bernard Allison knows that every
show or record comes with one of his father’s songs. Here, Bernard
reprises Luther’s 1980’s tune “Serious,” played with Bernard’s
errie, Luther-like vocal attack. In addition, Bernard strips
“Serious” down to just piano and guitar in his after hours styled
closer. Amid all the daily pop culture pressures to be the next American
Idol why does Bernard stay rooted in the blues? “The blues is my roots.
Regardless of how far outside of the blues I reach for tones, I can’t
ever leave the blues. Whenever I play, all those guitar parts are Luther
Allison coming through me. My dad was the same way, he wasn’t all
blues. He loved Otis Redding or Chuck Berry. I’m just showing where my
influences come from. And respecting the people who got me to this
point.”
© Copyright Le New Morning, 2008.
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janvier 2008.
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Lincoln Almada
Harpe,
Percussions
Né
à San Lorenzo (Paraguay) en 1958, Lincoln Almada y a commencé ses études
de harpe à l’âge de dix ans. Il s’installe à Paris en 1979 et réside
à Amsterdam depuis 1986. Les études réalisées l’ont solidement
formé en tant que musicien. Cependant, Lincoln Almada considère que
c’est grâce à ses expériences concrètes « de terrain »
qu’il est devenu un professionnel de la musique. Grâce à un
travail et un engagement constants, il a acquis la vraie connaissance
de la harpe ainsi que la majeure partie de ses connaissances
musicales.
Il
fait partie, entre autres activités, du groupe Los Guaranís de
Francisco Marin de 1979 à 1986 et, depuis 1987, il joue avec le
groupe de Raúl Barboza, le « Roi du Chamamé ». Un long
travail avec Gabriel Aguilera, “Cuerdas Latinoamericanas”
(1988-1995), aboutit à l’enregistrement du CD « The source of
all waters » (La source de toutes les eaux).
© Copyright L'Archipel, 2008.
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janvier 2008.
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Sophie Alour
Sax
A 32 ans, « Uncaged »
marque pour Sophie Alour une étape décisive et audacieuse de son itinéraire.
Si elle apprend la clarinette dès l’âge de 13 ans dans une école
municipale de Quimper, ce n’est toutefois qu’à 19 ans qu’elle découvre
le saxophone, et décide de s’y consacrer. Quelques incursions dans
des écoles de jazz comme le CIM ou l’IACP sont des entorses à une
formation avant tout autodidacte.
Ces années d’apprentissage se concluent en 2000 par un passage à
l’acte ambitieux, puisqu’elle participe à création du désormais légendaire
Vintage Orchestra au sein duquel elle côtoiera entre autres Thomas Savy,
Fabien Mary, Jerry Edwards et Yoann Loustalot. L’année suivante,
Sophie Alour crée un sextet avec Stéphane Belmondo, et, toujours en
2001, joue aux côtés d’Olivier Zanot dans la formation Manita de
Jean-Daniel Botta, avant d’intégrer d’un même élan le big-band de
Christophe Dal Sasso et des frères Belmondo. Au sein de cette
formation, elle enregistrera l’album « Ouverture » et se produira à
Marciac, au Parc Floral, ainsi qu’une fois par mois au Sunset pendant
plusieurs années.
Une nouvelle étape est franchie quand Rhoda Scott l’engage pour
former en 2004 son quartet, au sein duquel elle va prochainement
enregistrer. Lorsqu’elle ouvre, aux côtés de l’ambassadrice de
l’orgue Hammond, le Festival de Vienne 2004 sur la grande scène,
Sophie Alour commence à s’affirmer comme l’une des plus voix les
plus prometteuses de sa génération. Elle remporte ainsi la même année
le Tremplin Jazz de Vannes, joue dans le big-band de Wynton Marsalis, et
participe au projet chanté d’Aldo Romano.
L’année 2004 se conclut par l’enregistrement avec le guitariste
Huggo Lippi d’une maquette qui, écoutée par le label Nocturne,
aboutit à la production de son premier album en leader, « Insulaire »,
publié en 2005. L’accueil enthousiaste que la critique lui réserve
en tant qu’instrumentiste ne doit pas faire oublier que 8 titres sur
10 sont des compositions originales, et qu’Insulaire marque aussi
l’avènement d’une brillante compositrice de thèmes inspirés et évocateurs.
Sophie Alour n’en continue pas moins son exploration de toutes les
facettes du jazz actuel, et on la retrouve aussi bien sur le disque d’Alexandre
Saada « Be where you are », que dans le Pepper Pils, le big-band électro
de Benjamin Roy avec lequel elle enregistre l’album « DJ Killer ».
Tandis que ses prestations en club se multiplient devant un public
toujours plus nombreux à la découvrir ou à la suivre de près, elle
invite un soir des musiciens à jouer à ses côtés : Laurent Coq
(piano), Karl Jannuska (batterie) et Yoni Zelnik (basse). Ce soir-là,
une rare alchimie se produit : une cohésion fusionnelle soude le groupe
auquel il ne manque plus qu’un ingrédient iconoclaste pour expliquer
la genèse d’Uncaged. Cet ingrédient, c’est le guitariste Sébastien
Martel qui va l’apporter de la scène rock. Autant d’incitations à
ne pas démêler ce qui, dans ce deuxième album relève encore de
l’improvisation plutôt que de l’écriture. De la déclaration de
guerre ou du récit de paix. Derrière le parfum sulfureux de dissidence
contre des formes trop explorées, on décèle dans Uncaged une Sophie
Alour aguerrie, tenant les promesses de son passé, et décuplant celles
de son avenir.
© Copyright Le New Morning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion,
octobre 2007.
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ALTER QUINTET
Tango
Venus de France,
d'Argentine et du Venezuela, ces 5 musiciens nous proposent quelques
grands classiques du genre, des arrangements raffinés, des
improvisations et des compositions d’avant-garde.
Ces 5 musiciens se
sont réunis autour d’une volonté commune de créer un ensemble à
cordes qui jouera de la musique à laquelle on ne s’attend pas. Ils
ont ainsi créé un univers commun et réussissent à exprimer par les
cordes des rythmes étonnants des musiques traditionnelles sud-américaines,
le feeling du jazz, tout en mêlant la magie du quintet à cordes.
A l’écoute de
leur musique, on est tout de suite conquis par leur fraîcheur créative
et la musicalité indéniable de chacun des musiciens.
L’improvisation et
les influences sud-américaines sont la base de leur travail. Ils
proposent ainsi un répertoire de compositions originales aux
arrangements inattendus.
L’Alter Quintet
qui s’est notamment produit à la maison de l’Amérique Latine prépare
un album prévu pour octobre 2007. Après une résidence avec Raoul
Barboza fin 2007 en Charente, ils s’envoleront pour une tournée en
Argentine et au Brésil prévue début 2008.
DISCOGRAPHIE
La dérive du Quintet (sortie
octobre 2007)
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion,
octobre 2007.
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Alune
Basse,
Chant
Fils d’un chef d’orchestre symphonique, Alioune Wade –
dit Aloune – est né le 09 juin 1978 à Dakar. Après avoir commencé la musique dès son plus jeune âge
(autour de 6 ans), il jette son dévolu à 13 ans sur la basse, au grand désespoir de sa mère qui souhaitait le voir poursuivre
ses études. Elle a même essayé de couper les cordes de sa basse avec un couteau à pain, mais en vain. Grâce au soutien de son père,
il est allé au bout de sa passion, quitte à faire des kilomètres à pied pour trouver un professeur de basse, ou à découcher pour finir
ses exercices.
À 15 ans, il joue avec de petites formations de variétés qui se produisent dans les hôtels de Dakar, et commence ses premiers enregistrements de studio en compagnie d’amis (avec un cachet de 250 francs CFA - 0.38 euros- le titre !!!).
À 17 ans, son père le sollicite de temps en temps pour jouer dans son orchestre classique, en remplacement d’un bassiste absent. L’exercice est fort redoutable pour son âge, mais lui permet d’acquérir une aisance de la lecture musicale et de l’écoute des différents membres de l’orchestre. Tout cela sous la baguette de son père…
À la suite d’une audition, il est choisi à 18 ans pour être le bassiste de Ismael Lô, l’un des plus prestigieux musiciens du continent africain. Avec lui, il se produit sur beaucoup de scènes comme les Zénith de France et dans certains des plus grands festivals du monde tel que le Paleo Festival de Nyon en Suisse. Passionné de jazz et de chant, il se produit avec des groupes franco-sénégalais et sud-africains.
Ces rencontres ont
beaucoup contribué à son envie de fusionner les sons du continent
noir à ceux d’autres horizons. Il veut unir les peuples à sa manière,
en musique. Fort de ses expériences, c'est tout naturellement qu'Alune
se tourne vers une carrière solo.
En 2006, sort son
premier album intitulé Mbolo,
« union » en wolof, véritable florilège de ses influences
assumées où la world music côtoie sans complexe le jazz : un
vrai voyage à travers les rythmes et les continents. Alors, suivez ce
musicien talentueux et passionné, et partez avec lui découvrir de
nouveaux horizons.
DISCOGRAPHIE
MBOLO,
2006
SITE INTERNET
http://www.myspace.com/alunemusik
© Copyright Le Satellit Café, 2006-07.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
mise à jour en 2007.
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Pancho Amat
Tres
Le Maître du Tres et
son groupe….
Pancho Amat, né dans la province de Habana en 1957, est sans aucun
doute l'un des plus grands musiciens de Cuba et le plus important joueur
de tres. Avec une grande connaissance de la tradition cubaine et de
solides études de musique classique, Pancho Amat à ammené le Tres
(guitare cubaine très particulière) à un niveau et une nouveauté
inégalés jusqu’à présent. Avec son groupe Cabildo del Son,
Pancho Amat est définitivement une référence dans le son cubain.
Grands musiciens et showmen, le groupe est transcendé par l’immence
voix du jeune chanteur soliste William Borrego. Sa grande variété
dans les rythmes et les improvisations, fait de ce groupe de Cuban
Soneros, un des plus importants de tous les temps.
© Copyright Le New Moning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, septembre
2007.
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Trio Ambre
Groupe
Né en 2005, Le Trio Ambre rend hommage à Chet
Baker en reprenant un répertoire joué par le trompettiste.
Le trio propose également une relecture des standards du jazz américain
allant du swing, à la bossa nova en passant par des rythmes plus récents.
C’est avec un pied dans le passé et l’autre dans
le présent que nos jeunes musiciens abordent leur musique. La
Beat Generation, mouvement littéraire et artistique des années
50-60, reste un modèle majeur pour le trio.
D’ailleurs, c’est à l’occasion d’un projet
autour de Jack Kerouac, fondateur du
mouvement, que les membres du Trio Ambre
décident de se réunir pour se consacrer au répertoire du musicien Chet
Baker.
Soucieux d’apporter une musique reflétant au mieux
la personnalité du trompettiste et la leur, c’est avec pertinence
qu’ils font le choix d’enregistrer des chansons moins connues du
grand public mais tant appréciées de Chet,
telles "Look for the silver lining" ou
encore "You’re driving me crazy".
Comme en littérature, la pratique du récit brisé,
le recours à l’improvisation et la non-censure du premier jet
s’expriment dans leur jeu.
Une musique vigoureuse, toujours en recherche de créativité.
Actuellement le groupe continue son chemin à travers
les festivals et les concerts comme auparavant Chet
aimait le faire dans sa décapotable (Le Caméléon, Les Sept Lézards)
Semi-finaliste du concours de
jazz à Tours en 2006, ils participent la même année au
festival de jazz d’Enghien les bains. C’est donc Sur la
route de Corbeil-Essonnes qu’ils rendront un vibrant hommage au
trompettiste Chet Baker.
Crédit photo : D.R.
© Copyright Les Couleurs du Jazz, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, mai
2007.
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Franck Amsallem
Piano
Franck Amsallem est
né en 1961 à Oran (Algérie), puis
grandit à Nice. À 7 ans, ses parents ayant
rapatrié le piano familial, lui font prendre des
cours de musique classique qu'il abandonne au bout de quelques
années. La famille nombreuse, le petit appartement,
ne sont pas propices aux leçons de piano de la
vieille professeur. Toutefois, la famille possède une
large collection de 45 tours où Ray Charles
côtoie Glenn Miller et les Four Tops. Logiquement,
à l'adolescence, il est donc séduit par les
sonorités du blues et du swing et va s'inscrire au
conservatoire de Nice où, considéré
trop vieux pour le piano, il s'inscrira en saxophone
classique et y obtiendra vite un premier prix.
Mais le piano reste son
premier amour. Très vite son nom circule sur la
Côte d'Azur : il travaille beaucoup à Monte
Carlo, apprend des centaines de standards -" j'ai toujours
par dessus tout, adoré la musique américaine "-, et, à 17 ans, John Lewis le choisit pour sa
"Leçon de Musique". Ayant Jammé au festival
off avec Jerry Bergonzi, Mike Brecker et Richie Cole, ceux
ci l'encouragent à partir se perfectionner aux USA.
Ce sera au Berklee College en 1981. Un grand écart. "
A l'époque, à 19 ans, je ne me voyais pas
faire le métier de variétés à
Paris et accessoirement jouer du jazz (...). C'était
tout ou rien -All or Nothing at All ".
A Boston, Franck teste
vite les limites du système ; mais, séduit par
le big band d'Herb Pomeroy où il apprend le
métier de l'écriture et du grand orchestre, il
y reste 3 ans et remporte plusieurs Awards. L'appel du large
est toujours là pourtant, et en fin 1985 il
débarque à New York.
" De très bons
pianistes de jazz, il y en a, mais qui soient
également de très bons compositeurs, c'est cela
qui fait la différence ". Il prend alors à la
Manhattan School of Music, des cours de composition pour
grand orchestre avec Bob Brookmeyer, et de piano classique
avec Phil Kawin. Leur influence l'accompagnera longtemps. Et
le métier rentre ; la formidable expérience du
jazz New-yorkais, en tant qu'accompagnateur, puis en leader.
Faire ses classes comme les maîtres l'ont fait avant.
" Pour ceux qui n'ont pas connu cette discipline, cela
s'entend dès les premières notes ".
Irremplaçables, les rencontres et les confrontations
avec les tout meilleurs musiciens du moment ; 2e prix au
Great American Jazz competition, à Jacksonville, le
3e prix va à Brad Mehldau.
Tout cela est bien, mais
une carrière en leader c'était vraiment trop
tentant ". A 28 ans, en 1990, avec l'aide de la Fondation de
la Vocation, et celle du National Endowment for the Arts qui
lui a décerné une rare fellowship, Franck
enregistre en trio "Out A Day" avec Gary Peacock et Bill
Stewart. De partout les critiques affluent, très
élogieuses -voire superlatives. " Ces morceaux sont parmi les
meilleurs pour piano trio que nous ayons entendu depuis
très longtemps " (Penguin). " L'on ne peut s'attendre
qu'à l'excellence du travail de ce jeune musicien qui
a préparé avec tant de soin ce premier
enregistrement, extrêmement recommandé
" (Cadence).
Immédiatement remarqué, Franck collabore
à "New York Stories" en compagnie de Joshua Redman et
Roy Hargrove sur Blue Note.
Vient ensuite une longue
collaboration avec le saxophoniste Tim Ries. "Regards"
obtient 4 étoiles dans Down beat, Jazz Times trouve
le CD "irrésistible". "Is That So", un duo avec
également la participation de Leon Parker, est
remarqué par les Inrockuptibles pour ses
" escapades
musclées et recueillements teintés de
mélancolie " (les Inrockuptibles).
"Years Gone By", avec
Daniel Humair et Riccardo Del Fra, obtient de rares
éloges dans la presse française,
" ils s'entendent
si bien, tissent une si belle lumière (...) Ne
pouvoir reprocher à ce magnifique pianiste que
d'avoir été trop modeste est un rare
éloge (...), il n'y pas lieu de lui mesurer les
compliments, l'avenir lui appartient." (Alain Gerber, Diapason). "On
Second Thought", est unanimement souligné comme un CD
d'une rare intensité, un enregistrement live
où tout est réussi ; " Des premières comme
celle-là sont à inscrire sur un livre d'or
" (Sylvain
Siclier, Le Monde).
Franck s'est produit dans
bien des grands festivals, de Juan les Pins à Pori,
Nice ou Molde, en trio, duo, quartet et solo. Il s'est
produit à travers le monde, en Uruguay, Mexique ,Croatie, République tchèque, Ukraine,
Norvège, Suède. Il a aussi accompagné
en tournée Gerry Mulligan ou Harry Belafonte, s'est
produit au sein des formations de Maria Schneider, Rick
Margitza, Jerry Bergonzi, Bobby Watson ou de Joe Chambers, a
composé pour big band, orchestres de chambre et
orchestres à cordes ("Nuits" pour quartet de jazz et
orchestre à cordes, joué en Roumanie, Bulgarie,
France et USA). " J'aime la variété des
situations, apprendre au fil des rencontres, se remettre
toujours en question, rien de préétabli ".
A l'automne 2003, Franck
se remet au trio dans "Summer Times", avec Johannes
Weidenmuller à la contrebasse et Joe Chambers
à la batterie. Jazzman : " Cet album vise à
l'équilibre parfait dans tous les sens du terme
" ; Jazztimes : " laid-back yet
brash, simple yet complex, unassuming yet confident, and
above all original " saluent encore une fois ce nouvel
opus.
Cet automne 2004, Nocturne
réédite "Out A Day". " J'ai aimé
étudier, jouer, ou simplement vivre aux États Unis
pendant vingt ans, mais je suis vraiment satisfait
d'être de retour sur le vieux continent, surtout
après l'agitation de ces dernières
années à NY ". 2005 le verra se produire aux
USA (Washington D.C., Baltimore), Canada (Vancouver B.C.),
et pour une tournée de 10 dates en Afrique du Sud.
© Copyright
Franck-Amsallem, 2005.
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Carleen Anderson
Chant,
Piano
Mini portrait d'une grande
artiste : la musique, un héritage familial
Vicki Anderson et son mari le pianiste Bobby
Bird, donnent naissance à un joli bébé du nom de Carleen. Mais leur métier les obligent malgré eux à vivre loin de leur fille. Régulièrement en tournée, ils se sont engagés pour plusieurs mois auprès de James Brown. C'est donc grand-maman et grand-papa qui s'occupent de l'éducation de la petite
Carleen, à Houston. Le Funk et le Blues titillent déjà les oreilles de la petite fille, mais voilà, pépé est pasteur et considère toutes ces musiques comme des chants du diable… Bref, ça rigole pas. Mais Carleen finit tout de même par emprunter une voie musicale. Elle quitte Houston pour Los Angeles, pour faire ses études de musique. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle faisait des études pour enseigner la musique à d'autres. L'envie de chanter elle-même ne lui était pas encore venue.
Et la chrysalide devint papillon
Un élément déclencheur viendra chambouler ce schéma prédéfini. La mère pousse sa fille à chanter pendant un concert du James Brown All Stars à Londres. Carleen Anderson y trouve sa vocation. Attirée par la scène Soul britannique, elle emménage en Angleterre en 1990. Elle poursuit dans cette direction et rejoint les Young Disciples, un des meilleurs groupes
d'Acid Jazz du début des '90. Elle enregistrera avec eux "Road To
Freedom", en 1993. Mais elle ne fait pas long feu aux côtés de Femi Williams et de Marc Nelson. Elle continue la route seule et donnera naissance à
"True Spirit", son premier album solo. Elle expérimente d'autres horizons avec le multi instrumentaliste Ian Green, pour un album très spirituel, qui donne un coup de jeune au RnB de 1994. Elle en sortira un deuxième en 1998,
"Blessed Burden", album co-produit et co-écrit avec l'aide de son ami Paul Weller.
Carleen Anderson sera ensuite amenée à collaborer avec un grand nombre d'artistes ; Bryan Ferry
(backing vocals sur plusieurs albums), Omar ("Who Changes The
Seasons"), Guru ("Sights In The City"), Dr. John (bcking vocals de son album
"Anutha Zone") et bien sûr Paul Weller (backing vocals sur plusieurs albums). Elle sera ensuite de passage sur le Best Of des Brand New
Heavies, avec entre autre le fameux "Saturday Nite". Elle sera la voix leader du groupe durant leur tournée de 1999/2000. Elle quitte le groupe rapidement, et poursuit ses collaborations avec Paul Weller, et collectionne les petites apparitions sous forme de featuring ou de titres isolés sur compilations.
© Copyright Le New Morning, 2006.
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septembre 2006.
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Reid Anderson
Contrebasse, Basse
The Bad Plus est un trio qui a déboulé
dans le monde du jazz depuis 2002, « non pas comme l'éléphant dans un
magasin de porcelaine mais plutôt comme un rhinocéros dans un magasin
de vente d'usine ». Ce groupe, d'origine américaine, est composé de
Reid Anderson à la contrebasse, Ethan Iverson au piano et David King à
la batterie, trois musiciens, compositeurs et improvisateurs. Leur
musique mêle des accents jazz à un rythme rock. Ils alternent reprises
remarquables, grandes mélodies et interludes subtiles. Avec plus de 250
concerts à leur actif dans les clubs de jazz du monde, ou en premières
parties (the Pixies... ) , ce trio globetrotter a sorti son sixième
album « Prog ».
The Bad Plus est constitué du bassiste
Reid Anderson, du pianiste Ethan Iverson, et du batteur David King,
trois iconoclastes du jazz postmoderne qui combinent un esprit vif, des
contrastes musicaux dynamiques et une sensibilité originale dans ce que
l’on a surnommé « le trio de piano le plus tumultueux de tous les
temps ». Tirant leur inspiration des univers de la dance, de la pop et
du rock, The Bad Plus a réussi à se soustraire à l’étiquette de «
fusion », en déconstruisant leurs influences dans un langage résolument
jazz de leur cru.
Reid Anderson et David King sont originaires du Minnesota et Ethan
Iverson du Wisconsin. Ils parlent (et jouent) comme un seul homme et se
surnomment « les meilleurs amis en mission ». Et cette mission,
d’après le groupe, est de créer « une fête, une manifestation, une
prise d’assaut, un nouveau territoire ». Reid Anderson et Ethan
Iverson (lequel a aussi travaillé en tant que directeur artistique pour
le Mark Morris Dance Group : une troupe de danse moderne réputée dans
le monde entier) vivent actuellement à New York, alors que David King
est resté à Minneapolis.
La naissance de The Bad Plus remonte à 1984, lorsque Dave entend Reid
chanter pour la première fois, dans un tremplin rock de lycéens. Aux
alentours de 1989, Reid et Ethan jouent du free jazz en dilettante dans
divers restaurants du Wisconsin. 1990 marque une première rencontre
musicale infructueuse de Dave, Reid, et Ethan. En 2000, la dernière année
du siècle passé, « la conjoncture astrale est plus favorable et The
Bad Plus prend forme. » Le résultat initial est un premier album éponyme,
sorti en août 2001 chez Fresh Sound, un label indépendant espagnol.
C’est en 2002, à l’occasion d’un concert au Village Vanguard de
New York que The Bad Plus entre en relation avec Columbia Records.
DERNIER ALBUM « PROG » UNIVERSAL
The Bad Plus plane sur un espace singulier et fascinant, quelque part
entre le rock indé, le jazz postmoderne et la pop intelligente. Les
quatre albums de leur discographie et leur réputation d'aventurier
"live" témoignent de leurs sensibilités d'avant-gardistes très
intuitifs. En moins d'une décennie, Reid Anderson (basse), Ethan
Iverson (claviers) et David King (batterie) ont obligé la critique et
leurs fans (et quasiment tout ce qui se trouve entre les deux), à
repenser leurs perceptions du jazz, du rock et de la musique en général.
"World" est la première des quatre reprises que compte ce
programme de dix morceaux, Le trio joue ensuite une version de
"Life on Mars" (David Bowie). Ils interprètent ensuite
l'hymne art-rock "Tom Sawyer" (Rush), et pour conclure le
groupe reprend "This Guy's in Love with You" de Burt Bacharach.
Avec ces reprises fascinantes on découvre six des compositions
originales qui sont aussi bien nerveuses que superbes.
"On prend une chanson et on la regarde sous tous les angles
possibles. On y croit beaucoup à cela", dit Anderson. "Nous
essayons de nous approprier ces reprises. Il ne s'agit pas de jouer ces
chansons ; il s'agit de les réinventer."
© Copyright Le New Morning, 2007.
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septembre 2007.
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Mayra Andrade
Chant,
Composition
Mayra Andrade est née à Cuba de parents
capverdiens ; elle a vécu au Cap-Vert, au Sénégal, en Angola, puis en Allemagne. Dans sa prime jeunesse, Mayra se passionne pour la comédie et la musique brésilienne.
À l'âge de 13 ans, elle est déjà remarquée pour sa voix et sa personnalité. Elle est choisie pour chanter en Belgique lors d'une conférence du Dalaï Lama pour les étudiants. Une première étape d'un parcours hors du commun.
Après sa victoire aux jeux de la Francophonie au Canada, Mayra n'a cessé d'enchaîner les concerts. D'abord au Cap-Vert, à Praia et
Mindelo ; puis c'est dans la salle mythique du « Coliseu Dos Recreios » à Lisbonne, qu'elle chante aux côtés de Bau, ancien instrumentiste de Césaria
Evora.
En juillet 2002 Mayra est invitée pour la toute première fois en France dans le cadre du Festival de Jazz des « Rendez-Vous de l'Erdre » de Nantes. Aux côtés de deux grandes dames du jazz international, la new-yorkaise Sheila Jordan et l'arménienne Datévik
Hovanessian, Mayra dévoile un extraordinaire potentiel à des milliers de personnes massés devant la grande scène et obtient un énorme succès.
Toujours à Nantes, elle émerveille la Cité des Congrès lors de l'ouverture du « 24ème Festival international du film des trois continents » en chantant « a Capella ». Ensuite, c'est au « Festival de la Harpe » à Rennes que Mayra est pour la première fois tête d'affiche. Les invitations se succèdent : au Festival Africajarc, elle est à l'affiche aux cotés de Joe Zawinul, Ismael Lo et Angélique
Kidjo… Elle chante en première partie de Césaria Evora au New Morning, de Enrico Macias au « Festopale » à Etaples et du cubain Ernesto Titos Puentes lors du « Festival de Jazz » de Vannes.
Les invitations s'enchaînent : l'Italie, la Suisse, le Sénégal, la Hollande, le Portugal, l'Espagne, le Luxembourg, le Maroc, les
États-Unis. Au Brésil, elle représente une nouvelle fois son pays, pour participer à l'enregistrement d'un single au profit de la lutte contre le Sida avec les meilleurs représentants de la musique lusophone, dont Chico
Buarque.
Elle fait beaucoup parler d'elle sur les petites scènes parisiennes et a enthousiasmée le public lors d'un grand concert pour la journée nationale de l'autisme, le 15 mai 2004, face à la Tour Eiffel, sur le Champs de Mars.
En janvier 2005, elle est invitée par Charles Aznavour pour enregistrer, en duo avec lui, un titre en français sur son prochain album. Incontestablement Mayra captive et sait d'emblée s'affirmer.
Militante de la culture capverdienne, Mayra impose sur scène son propre style. De sa voix grave, chaude et veloutée, elle passe avec une aisance étonnante de la Morna au Funana et de la Coladera au Batuque, en y associant une touche Jazzy unique. Sa personnalité et son talent apportent un véritable souffle nouveau à la musique des îles du Cap-Vert, héritage d'un métissage des rythmes de l'Afrique et du Vieux Continent.
Mayra Andrade met Sète en état de grâce
LE MONDE | 09.08.06 |
SÈTE ENVOYÉ SPÉCIAL
" Lune, reste encore un peu auprès de moi/Laisse moi me coller contre
toi/Éclaire moi de ta douce
lueur ", chante en créole cap-verdien Mayra Andrade au Théâtre de la mer à Sète, mardi 8 août. Elle précède Cesaria Evora, seconde invitée de la soirée Cap-Vert, lors de la 10e édition du festival Fiest'à Sète, qui s'est tenu du 4 au 9 août, sur une thématique "musiques du monde". Mayra Andrade ne pouvait pas souhaiter cadre plus complice pour interpréter Lua ("lune"). Dans le ciel, se réfléchissant sur la mer, la lune brille. L'autre soir, vendredi 4, on a vu, sur cette scène, les ventres blancs des oiseaux s'envoler pendant un solo de guitare flamenca de Chicuelo : l'endroit respire une magie particulière.
" Permettez-moi de vous tourner le dos pour rendre hommage à ce bel astre qui fait le lien entre le Nord et le
Sud ", déclare Mayra Andrade au public. À 21 ans, d'une aisance vocale et scénique stupéfiante, même si ce soir, à Sète, elle habite moins ses chansons qu'à l'accoutumée, Mayra Andrade s'affirme comme l'une des plus prometteuses révélations de la musique cap-verdienne, avec Lura et Tcheka.
Écrite par Calu Princezito, Lua est un des titres qu'elle interprétait aux Jeux de la francophonie en 2001, à Ottawa Hull, (Canada), où elle remporta la médaille d'or de la chanson. Elle figure sur son premier album, Navega
(Sony-BMG). " Au Cap-Vert, beaucoup de chansons évoquent le pêcheur qui part en
mer ; moi j'ai voulu faire une chanson parlant de son épouse, celle qui attend, brûle un cierge en suppliant les flots de lui rendre son
homme ", explique la chanteuse au public.
Composée avec le guitariste Patrice Larose, Navega est l'un des trois titres de sa plume sur cet album où elle rend un hommage appuyé à Orlando Pantera, modernisateur de musiques traditionnelles cap-verdiennes (décédé en 2001), dont elle reprend quatre chansons. De ce musicien de Santiago, la plus grande île de l'archipel, celle où se trouve Praia, la capitale du pays, elle dit
qu' " il a été déterminant dans les choix qu('elle a) pu faire
".
© Copyright Le New Morning, 2006.
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octobre 2006.
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Bruno Angelini
Piano,
Composition
Bruno Angelini est né à Marseille en
1965.
De six ans à quatorze ans il fait des études classiques de piano au
conservatoire, puis s’oriente vers le jazz. Il travaille alors la
guitare, puis le saxophone, et revient ensuite au piano (qu’il
n’abandonnera plus) en intégrant le conservatoire de jazz de Marseille
dans la classe de Guy Longnon.
À 24 ans, il réétudie le répertoire classique : il aborde Debussy,
Bartok, Messian… et suit des cours de pratique de l’improvisation au
CIM dans la classe de Sammy Abenaïm
Il participe dès lors à de nombreux orchestres avec lesquels il
remporte ses premières distinctions : prix spécial de la Défense 95,
lauréat du concours de Vannes 96.
Il se produit alors un peu partout dans les clubs parisiens (New Morning,
Sunset, Duc des Lombards…) et les festivals (Nice, Marciac, Crest,
Coutances, Colmar…) ainsi qu’à l’étranger (Afrique, Europe de
l’ouest).
En 2000, il joue et enregistre dans le projet de Thierry Péala : «
Innertraces » avec Kenny Wheeler, qui sort chez Naïve.
Il participe également, pour le label Cobalt, au projet de Moira Conrath
« Insomnies » avec des musiciens traditionnels Maliens.
En 2001, il enregistre « Waiting for
you » avec le quartet de Xavier Cobo (disque paru chez Cristal records).
En octobre 2003, il sort son premier disque en leader « Empreintes »
(produit par Sketch) avec Riccardo Del Fra et Ichiro Onoë. Il en signe
toutes les compositions.
En 2004, pour Gérard Lesne, il écrit et interprète des arrangements de
standards de jazz, dans le cadre d’une création au Théâtre du Châtelet.
Les autres musiciens associés à ce projet sont Jean-Philippe Viret et
Ramon Lopez.
En 2004 il participe également à la création d’un répertoire pour
le New Edge Trio de Thierry Péala avec Sylvain Beuf. Un disque enregistré
en 2006 et sorti en mars 2007 sur le label Cristal Records.
Parallèlement il joue en duo avec Jean-luc Cappozzo.
En 2005, il participe au projet de musique improvisée « Silent cascades
» avec Joe Fonda et Ramon Lopez, qui est enregistré en 2006 sur le
label allemand Konnex. Une tournée européenne de ce trio est prévue à
l’automne 2007.
En septembre 2006, il sort son second album « Never Alone », enregistré
en solo pour le label Minium, dans le cadre de la série Standard Visit.
Le même mois paraît un autre CD auquel il participe
sous la direction du Giovanni Falzone (« European Jazz Ensemble », Soul
Note). Trompettiste italien qui monte, et avec lequel il se produit aussi
en duo, et en trio complété par Francesco Bearzatti.
Début 2007, il participe au festival de Monterrey au Mexique où il
partage la scène avec les incontournables Reggie Workman et Andrew
Cyrille.
Il vient de rejoindre le nouveau
quartet de Christophe Marguet. « Résistance poétique » avec Sébastien
Texier et Mauro Gargano.
Un disque doit être enregistré pour le label Chant du monde à
l’automne 2007.
Il a écrit pour la réalisatrice Hélène Milano, la musique du long métrage-documentaire
« nos amours de vieillesse »
Il enseigne le piano jazz à la Bill Evans Piano Academy depuis 1996.
Bruno ANGELINI est de ces rares
pianistes pour lequel la mélodie tient la place fondamentale dans
l’improvisation. Son style est très personnel ; il se rapproche du
romantisme classique enrichi des harmonies de Béla Bartok avec un
incontestable swing naturel.
Son éducation musicale s’est faite au conservatoire de Marseille puis
au CIM dans la classe de Sammy Abenaim. Il participe dès lors à de
nombreux orchestres avec lesquels il remporte ses premières distinctions
: Prix spécial de la défense 95 avec « le 4 »
Lauréat du concours de Vannes 96 avec « Quartet-est », ce qui lui
permet de figurer dans le catalogue des concerts JMF en 1996/1997. Il se
produit dès lors partout dans l’hexagone : clubs parisiens (New
Morning, Sunset…) ; festivals (Nice, Marciac, Crest, Coutances,
Colmar…) et à l’étranger (Afrique, Europe de l’ouest).
Actuellement il se consacre à son trio (avec Riccardo del Fra et Ichiro
Onoe) dans lequel il signe toutes les compositions ; aux projets de
Thierry Péala : « Inner Traces » avec Kenny Wheeler et « New
Standards » avec Alex Hiele ; au quartet de Xavier Cobo ; au groupe
franco-malien « Moira ». Il accompagne régulièrement en sideman des
artistes de passage tels que : Norma Winstone, Gary Keller, Ronald Baker,
Lewis Robinson, Jeff Boudreaux, Wayne Dockery…
Il enseigne le piano jazz à la Bill Evans Piano Academy depuis 1996.
Il écrit également pour le théâtre et travaille avec la compagnie
Aria Teatro ainsi que pour les JMF pour la création du spectacle jeune
public. Il enregistre pour le Label SKETCH en trio en compagnie de
Riccardo del Fra, a participé au dernier disque de Greame Allwright et
était au Théatre de Ville 2004 (Paris) pour une création avec le
contre tenor Gérard Lesne,
En 2006 il enregistre « New Edge» , puis en solo ( Minium ), il vient
également d’enregistrer avec Joe Fonda.
Discographie Sélective
« La petite gitane » (ind.) LE "QUATRE"
« Inner Traces » (Naïve) THIERRY PEALA
« Insomnies » (Cobalt) MOIRA
« Waiting for You » (Cristal Records) XAVIER COBO
« Empreintes » (Sketch) BRUNO ANGELINI TRIO
« Never Alone » (Minium)
© Copyright Le New Morning, 2007.
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février 2007.
mise à jour en septembre 2007.
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Jean-François Angles
Saxos
Né le 25 février 1954 à
Paris (75)
Diplômé d'état de jazz et professeur au JAM (Ecole régionale de Jazz
et musique du monde) de Montpellier.
Débuts autodidactes puis suit la classe de jazz du C.N.R de Marseille.
Multiples expériences et groupes allant du blues (REVEREND Blues,
Printemps de Bourges 89) au jazz et musiques latines (STROMBOLI)…
Participe à de nombreux festivals en France : St Bertrand de Comminges,
France Musique, Jazz en Touraine, Ouverture du festival de Radio France à
Montpellier... A participé à des tournées internationales avec Hanna
SCHYGULLA et Roberto TRICARI en 2003-2004 (Brésil, Argentine, Italie
Espagne). Se produit actuellement dans des groupes de jazz de création :
UBIQ, Quintet FOURMENT, Les Révérends...
CD : UBIQ "Onze au Zoo", Art Dièse 99 - UBIQ "Au
Diable", Art Dièse 01 - "Open Life", Prod: Art Dièse avec
le Christophe MONTANT Quartet.
© Copyright Le New Morning, 2007.
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Anjani
Chant
Le moins que l’on puisse
dire d’Anjani Thomas, c’est qu’elle ne manque pas de pot ! La
musicienne de jazz et chanteuse originaire d’Honolulu a connu Leonard
Cohen, au milieu des années 80, lors de l’enregistrement de la chanson
« Hallelujah », sur laquelle elle était choriste. Dotée d’une voix
exquise, celle qui fut également choriste et claviériste de tournée du
poète a irrémédiablement touché et séduit Leonard Cohen, avant de
devenir son voisin, à Los Angeles. Le célèbre poète, qui en a fait sa
muse et sa bien-aimée, lui a permis de piger allègrement dans ses
textes, certains incomplets, pour en faire une dizaine de chansons, que
l’on peut entendre sur Blue Alert, album tout en douceur et en sensualité
coécrit et réalisé par Leonard Cohen. Une pure merveille qui trouve
toute sa grâce sur scène !
Anjani, un an après la
parution de Blue Alert, retrouve la scène montréalaise avec Leonard
Cohen, son parolier et compagnon de vie.
Leonard Cohen le confessait
dans ces pages en mars 2006 : l'étonnant accueil réservé aux chansons
de Blue Alert le surprenait. Désormais, dans son couple, plus personne ne
s'en étonne : " Depuis, nous avons compris. Il existe un concept métaphysique
qui prétend que le temps s'accélère. Il devient de plus en plus
difficile de fonctionner dans les structures sociales, de conjuguer
travail et vie personnelle. Dans ce contexte, une grande part de la
musique qui marche est faite pour s'évader, distraire et engourdir
l'esprit ", dit Anjani depuis Los Angeles où elle répète
intensivement durant quatre jours ; " Ce que nous avons fait est fort
différent. Ces chansons permettent de descendre au fond de soi, jusque
dans les recoins sombres de l'âme, de réfléchir. "
Depuis la parution de
l'album il y a 11 mois, Anjani, dans la lumière des spots, et Cohen, plutôt
tapi derrière la scène à l'exception de quelques apparitions, ont visité
Montréal, Toronto, Varsovie, Londres, Oslo, histoire de tâter le terrain
prudemment : " Leonard et moi-même n'avions pas mis les pieds sur scène
depuis 12 ans. J'ai fait d'abord quelques brefs concerts pour vérifier si
je m'y sentais toujours à l'aise. L'expérience a été concluante, et
nous sommes très contents de l'accueil des gens. "
La collaboration entre
Cohen et la chanteuse issue des classes de Berklee et du jazz (Stanley
Clarke, Carl Anderson...) débute en 1984 lorsqu'elle chante sur
Hallelujah. Cohen l'emmène ensuite en tournée et la pousse à sortir
un deuxième album solo en 2001, The Sacred Names, œuvre quelque peu
biblique où il signe déjà quelques textes religieux. Lors de
l'enregistrement du quatorzième Cohen, Dear Heather, le couple est
devenu inséparable. La relation fusionne sur Blue Alert, où Leonard
signe tous les textes, Anjani toutes les musiques aux accents de jazz
bluesy intime. Au moment des concerts, Cohen, qui la suit partout,
s'efface quelque peu : " Nous échangeons des suggestions. À
propos de la scène, ses instincts sont essentiellement justes. Mais les
décisions m'appartiennent. D'autant qu'actuellement, il travaille sur
son propre disque, j'y collabore, et il m'a donné de nouveaux textes en
vue d'un autre disque... C'est une présence inestimable à mes cotés.
"
Le 30 juin dernier, Anjani présentait à Montréal une demi-douzaine de
chansons devant un public déjà conquis. Ce petit moment de grâce
sobre avait quelque chose de quasi religieux, d'hypnotique : " Il y
a plusieurs manières de pénétrer chez les gens ; il y en a qui défoncent
les portes, je préfère tourner lentement la clef..." dit-elle de
cette voix douce et enjouée. " Et ce sont des textes qui se prêtent
bien à un état méditatif : trouver, même dans le souvenir des
moments difficiles de l'existence, une sorte de compréhension,
l'empathie et le pardon... Comme le dit la sœur de Leonard : " On
ne perd pas toujours, et tout n'est jamais totalement perdu. "
Écrits pour la plupart
au terme de l'exil monastique zen de Cohen dans le monastère de Mount
Baldy, près de Los Angeles, les 10 textes de Blue Alert, qu'elle
reprend intégralement sur scène, sont aussi le témoignage du moment où,
après des temps de renoncement, l'envie et le désir de l'autre
retrouvent subtilement leur place et inquiètent, comme l'odeur âpre
d'un joint peut tenter un toxicomane repenti : " Ce sont des textes
qui tournent autour du moment où le désir reprend ses droits, mais où
la peur et l'hésitation persistent encore. Simplement parce qu'en
amour, on peut y laisser son cœur. C'est difficile, mystérieux,
l'engagement... Ne plus tout contrôler..." Elle ajoute, un brin
moqueuse : "En étais-je la cause ? La cause d'une certaine frayeur
? J'espère bien que non... mais oui, probablement..."
François Desmeules (VOIRCA) 26.04.07
© Copyright Le New Morning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion,
juin 2007.
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Dick Annegarn
Chant,
Guitare
DERNIER ALBUM : LE GRAND DÎNER – TÔT
OU TARD
Après plus de 30 ans de carrière, Dick Annegarn reçoit une quinzaine
d’invités sur un album tribute, parmi lesquels : Alain Bashung, Alain
Souchon en duo avec Dick, -M-, Arthur H & De Kift, Mathieu Boogaerts,
Bénabar et Bertrand Belin, Thomas Fersen, Sanseverino, Jeanne Cherhal et
Jp Nataf, Agnès Jaoui en duo avec Dick Annegarn, Louis Chedid, Arno,
Calogero.
« Six heures du soir, ils vont
arriver./ (…) Mes amis ne sont jamais à l’heure/ (…) Mais ils ne
repartent jamais de bonne heure./Allez, encore un verre… » Extraits de
la chanson Le Grand dîner, voisine de Bruxelles, Bébé éléphant et Ubu
sur l’album Sacré géranium – millésime 73, premier opus d’un
olibrius nommé Dick Annegarn.
Géranium vivace, bébé éléphant irréfutable,
Ubu immortel : quelque trente ans après, ces chansons chantent encore.
Plusieurs générations d’enfants se les sont appropriées. Certains de
ces gamins, qui ont fait chanteurs en grandissant, les reprennent ici.
Table ouverte pour convives de choix, festin festif.
Le dîner est donné en l’honneur de
Benedictus Albertus Annegarn. Né à La Haye ; citoyen d’honneur de
Bruxelles, décor d’enfance, depuis décembre dernier ; concitoyen
autoproclamé « plouc » en terre gasconne, depuis quelques années ; définitivement
citoyen du monde. Après les débuts à Paris à vingt ans – voix blues,
guitare folk –, l’éclosion du Sacré Géranium et l’envol de
Mireille la mouche, Annegarn n’a pas tardé à quitter la compétition
showbiznesque pour tracer sa route et ses portées buissonnières.
Péniches à Anvers et sur la Marne, et
voyages en Asie. Vagabondages tchèques, et escales marocaines. Tournée
avec Albert Marcoeur, tournée avec Mathieu Boggaerts. Belge imaginaire
– « spectacle pataphysique » avec reprises de Brel et parodies de
Johnny –, Festival du Verbe en Gascogne… La vie de Dick est inventive.
Comme ses chansons.
Ces « chansons à chanter », comme il
dit, beaucoup de ses collègues les connaissent. Certains les reprenaient
déjà sur scène, ainsi Bruxelles par Calogero – qui célèbre ici le
poète hongrois Attila Joszef. Bashung s’est emparé de la capitale du
roi des Belges, M et Arno ont voté pour le roi Ubu, Arthur H et De Kift
boivent La Limonade, Christophe se délecte quand Ça pue, Sanseverino se
régale d’une Mireille manouche, JP Nataf s’arrête sous un Saule après
la traversée d’une Belle vallée en compagnie de Jeanne Cherhal (Red
Legs, c’est le nom du groupe qu’ils ont formé il y a un an, elle à
la basse, lui à la guitare, tous deux aux reprises en tous genres)…
D’Agnès Jaoui à Alain Souchon (l’un et l’autre en duo avec Dick),
de Louis Chédid à Mathieu Boogaerts, de Thomas Fersen à Bénabar et
Bertrand Belin, chacun a choisi son refrain (parfois sur les conseils éclairés
d’Annegarn, expert ès voix), lui a donné sa couleur. Pas de
contraintes, d’arrangements ordonnés, et pourtant, à l’arrivée, un
album cohérent : grâce à la force des chanteurs, à la force des
chansons.
Reconnaissance par ses pairs d’un créateur
hors pair ; redécouverte d’un éclectique répertoire ; partitions
partagées, sans frontières de genres ni de générations. Annegarn,
pourtant réputé rouscailleur, avoue son plaisir à écouter ses interprètes
: « c’est pas un hommage à un mort, c’est des chansons qui vivent
leur vie. Ils les donnent comme on donne un spectacle, avec une vraie générosité
artistique ». À table, tout le monde, et bon appétit.
C'est en Hollande - « Pays aussi plat
qu'un plat » - que Benedictus Albertus Annegarn (né à La Haye le 9 mai
1952) passe les six premiéres années de sa vie.
Aux débuts de « l'Europe des six »,
son père, traducteur, s'installe à Voluwé St Pierre dans la banlieue de
Bruxelles où Dick fréquente l'École Européenne, intègre le mouvement
scout avec le totem de « marmotte rouscailleuse ». Une expression qui le
résumerait assez bien.
Sa découverte de la chanson passe par
Brel, Brassens, Béart et les interprètes néerlandais prisés par sa
famille. Grâce au catalogue Folkways, il découvre Judy Collins, Woody
Guthrie, Pete Seeger, New Lost City Ramblers : le folk (et les chansons
syndicalistes américaines) et le blues avec une prédilection partagée
par bon nombre de jeunes pour Big Bill Broonzy, l'une des voix majeures du
Mississipi, guitariste et chantre du « Peuple Noir ».
Sa première guitare, Dick Annegarn
l'emprunte à son frére aîné. Et sa première chanson en français lui
paraît tellement ratée qu'il passe aussitôt à l'anglais. Adolescent il
participe à un chantier de reconstruction de village dans les Cévennes
et découvre le sud de la France (où il vit actuellement). Après le «
baccalauréat européen » (1970) il commence à Louvain des études
d'agronomie, trop éloignées du concret à son goût et s'en lasse très
vite.
Lors de sa venue à Paris, il découvre
la vague folk et les « hootenannies » organisés au Centre Américain
par Lionel Rocheman. Il y croise Marcel Dadi, Bill Deraime, Hervé
Cristiani et trouve naturellement sa place avec quelques standard de
blues, de gospel, quelques chansons de Brel (« L'Eclusier », « L'homme
de la Mancha ») et « se fait la main avec les petits trucs » -sic-
qu'on retrouvera sur son premier album.
Il fait sa première télé avec le
Petit Conservatoire de Mireille dont il s'éloigne vite ; puis il tourne
avec Marcel Dadi, Maren Berg, une chanteuse d'origine allemande et l'étonnant
musicien vietnamien Trang Quang Haï. Aucun de ces épisodes ne le
satisfait. Il envisage de rejoindre la Belgique (« Bruxelles attends-moi
j'arrive »). Il rencontre alors Jacques Bedos, directeur artistique chez
Polydor qui « le met en confiance parce qu'il lui fait confiance » -sic-
Annegarn signe un contrat d'exclusivité de cinq ans et enregistre en
trois jours l'album qui paraît en mars 1974. « Comme un exercice de
style » affirmera-t-il plus tard. Avec des chansons se référant si peu
à l'époque qu'elles n'ont pris aucune ride encore aujourd'hui.
« Trouveur » comme l'étaient
troubadours et trouvères, il jongle avec les mots et les sons, oscille
sur le fil entre dérision et gravité, joue avec la syntaxe. Son origine,
son accent lui confèrent une folle liberté et on ne peut qu'applaudir le
virtuose atypique. Sa chanson « Bruxelles » grimpe dans les hit-parades,
son « Géranium » fleurit nos transistors et son « Pére Ubu », «
venu d'un pays pas très loin d'ici », pose « son gros cul » sur les
ondes.
En mars 74 il chante à l'Olympia dont
il partage la scène quelques mois plus tard avec Pierre Vassiliu. Il lui
suffit alors, trompettes de la renommée aidant, d'emboîter le pas à ce
succès tout neuf. De poursuivre. De produire.
Son second album – aussi inventif et
plus maîtrisé que le précédent – paraît en février 75 (« De bémols
et de dièses », « La fille m'a dit », « Le roi du métro »'). Il
reflète déjà le mal être du chanteur résumé en un mot : « frysoschénie
». Comme si son métier – chanter, se livrer, paraître, s'exposer –
passait par un dédoublement, la perte d'une partie de soi, la naissance
d'un autre moi. Ailleurs il évoque ses « polymorphoses », l'ambivalence
de son sentiment à l'égard de lui-même (« Je suis plusieurs, je suis
toute une famille, je m'aime et je m'haïs »). Bref ! Prise de tête plutôt
que « Maman Bobo ». Son troisième paraît à l'automne 75. En quittant
ses fonctions de directeur artistique Jacques Bedos emporte le « contrat
confiance » établi entre le chanteur et la maison de disques. Le succès
de « Mireille » – l'histoire d'une mouche apprivoisée qui finit sous
le coup de pouce farouche d'un barman – éclipse les autres chansons («
Maison à vendre », « Coutances », Golda ») d'un album qui a demandé
des mois d'élaboration. C'est en producteur indépendant et avec les
musiciens d'Albert Marcoeur qu'il enregistre ensuite « Anticyclone »
(1976). Celui-ci correspond davantage à ses aspirations mais passe peu à
la radio.
Dick Annegarn enchaîne les concerts,
vit de son activité et s'en démarque. Il ne se veut le porte-parole de
personne mais un homme, un citoyen qui écrit, revendique le caractère
subjectif de la chanson. Il affirme que « l'art est un divertissement qui
donne bonne conscience à ceux qui le pratiquent, rend inactifs ceux qui
le consomment, dans un contexte où chacun doit se battre pour vivre,
manger se loger ».
Au fil de tournées dont la réussite dépend
de l'organisation, du choix des lieux, de l'information, il tente de faire
évoluer le rapport public-scène, de l'élargir avec un « souk mobile »
permettant à des artisans de proposer, soirée après soirée, leurs denrées,
leurs produits, leurs créations.
Après un passage au Théâtre de la
Ville et toujours dans le même esprit, il innove avec « Tâche d'Huile
», une tentative de journalisme itinérant qui consiste à lire derrière
un écran de télévision maison les témoignages du vécu de chacun
recueillis dans la ville précédente. « Tâche d'huile – note-t-il au
moment du bilan – a été pour moi le révélateur du désapprentissage
des individus pour témoigner au fur et à mesure de leur histoire, de
leur gêne pour communiquer. C'était une dernière tentative de faire
fructifier le capital énergétique que représente une multitude
d'individus pour autre chose que le culte d'une personnalité ».
Au bout des 60 000 kilomètres parcourus
dans l'année il n'a plus qu'une certitude : celle d'être précédé
d'une image et attendu dans des salles de spectacle transformées en lieux
de cultes !
Pour compléter le nombre de 33 tours
qu'il « doit » par contrat à la firme de disques il enregistre un
double album – «De ce spectacle ici sur terre », avril 78 – à la
Maison de la Culture et des Arts de Créteil. Et il choisit l'Olympia, «
le temple du music-hall », pour annoncer qu'il quitte la compétition et
ne fera plus la promotion de son affiche. Il remet à la presse un dossier
d'une quinzaine de pages, « La rock-industrie et moi » et assure qu'à
vingt-six ans il a beaucoup à vivre. « Je ne casse pas ma guitare mais
j'irai faire sécher mes chaussettes ailleurs » confie-t-il. Il investit
alors dans l'achat de deux péniches – « Le Gueux et la Gueuse » –,
les ramène d'Anvers sur les bords de la Marne, les aménage lui-même,
scie, soude. Il crée une association, un « café-limonade » qui
accueille les gens du voisinage et, sur l'atelier flottant, met en
pratique responsabilisation de chacun et autarcie. Le refus de toute
subvention pousse le citoyen-chanteur à se produire ici ou là – selon
ses propres règles – lorsque manque l'argent. L'album « Ferraillages
» enregistré au Théâtre de Sartrouville avec le bluesman Robert Pete
Williams (1979) témoigne de cette période durant laquelle « Radio Ubu
», la seule radio sans antenne, prend le relais de « Tâche d'Huile »
sous la forme d'un micro ouvert mis à la disposition de l'assistance. Lui
se veut artiste local – même s'il change de localité – témoin de sa
vie au jour le jour. Bien avant que le mot « citoyen » ne connaisse la
faveur dont il jouit aujourd'hui dans le discours ambiant, il imagine une
démarche ramenant les choses à leur juste mesure : celle du « Je
citoyen ». L'album suivant paraît sous ce titre alors qu'il s'apprête
à donner trois concerts dans le mythique music-hall de la Rive Gauche, le
Bobino de Brassens, Léo Ferré, Barbara.
Depuis il donne de ses nouvelles sous la
forme d'un album tous les quatre ou cinq ans et de concerts toujours
exceptionnels. Au gré de centres d'intérêt qui se renouvellent, il
s'installe ici, part se fixer plus loin. Il invente ses chemins. Lecteur
de Rimbaud il l'a toujours su'. La vraie vie est ailleurs.
M. Den Bakker
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avril 2007.
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ANTIBALAS
Groupe
NOUVEL ALBUM : "Security" - 13/03/2007 (Anti/Pias)
À l’instar de Bob Marley pour le reggae, Fela Kuti est l’arbre qui
cache la forêt de l’afrobeat aux petits occidentaux non-initiés que
nous sommes (pour la plupart)… La discographie pharaonique du Monsieur
laisse déjà de quoi nous occuper, vous me direz. Il existe pourtant une
foultitude d’autres formations émérites qui ont toutes les peines du
monde à atterrir sur vos platines. À moins de faire partie de la famille
(Femi Kuti, Seun Kuti…) ou du proche entourage (Tony Allen…), il
semble que le style soit devenu une véritable propriété privée.
Quelques exceptions parviennent quand même à percer les murs
d’enceintes, comme récemment les Canadiens de The Souljazz Orchestra et
surtout les New-yorkais d’Antibalas.
Ce collectif polymorphe et métissé a en effet réussi à imposer son
nom après avoir sillonné la planète dans tous les sens, joué avec les
plus grands et signé plusieurs disques sur des labels réputés (Ninja
Tune, Ryko…). Leur quatrième album sort cette fois-ci sur une
sous-division de Epitaph, le label Anti- (Blackalicious, Nick Cave, Tricky,
Tom Waits …), et voit sa production confiée à John McEntire de
Tortoise, qu’on ne s’attendait pas forcément à retrouver là, soyons
honnête…
Pourtant, dès la première écoute de ce «Security», il semble évident
que l’homme de Chicago a apporté un plus indéniable au gang de
Brooklyn. Si le disque comporte toujours quelques longues compositions
typiquement Fela-esques («Filibuster X», «Sanctuary»…), la majeure
partie de l’album est toutefois plus aventureuse qu’à l’accoutumée.
Il n’est en effet pas rare qu’un morceau commence dans un genre pour
bifurquer sur un autre un peu plus loin, puis retomber sur ses pattes en
dernier lieu. Le tout en restant cohérent et efficace ; on est quand même
chez Antibalas !
Dans l’ensemble, les claviers et les cuivres mènent la danse mais
ces derniers se permettent aussi parfois des moments plus contemplatifs,
quoique toujours dans le groove, comme une sorte de Youngblood Brass Band
sans la tchatche hip hop (cf. le majestueux «I.C.E», le jazz du petit
jour de «Age»…) ou encore leurs potes du trio jazzy/funky Medesky,
Martin & Wood (avec qui Antibalas a souvent collaboré). Le très bon
et bien nommé «Beaten Metal» d’ouverture est, quant à lui, digne des
délires electro-noisy des Africains de Konono #1. Tout ça pour dire
qu’Antibalas n’hésite plus à sortir du cahier des charges dressé
par Maître Fela pour s’ouvrir corps et âme à un groove mondialisé et
moderne.
Qu’on ne s’y trompe pas, Antibalas maîtrise toujours autant la
chose funky (le groupe partage d’ailleurs certains de ses membres avec
les Dap-Kings de Sharon Jones), mais les New-yorkais ont su faire évoluer
leur afrobeat en lui offrant de nouvelles perspectives, moins routinières.
«Security» est donc sans aucun doute leur meilleur album à ce jour, et
les Dj’s de bon goût devraient pouvoir logiquement faire danser la planète
entière en glissant un morceau d’Antibalas entre le nouveau !!! et le
Incredible Bongo Band! (Bokson.net)
Composé à la base de 14 membres, le groupe accueille souvent plus de 20
musiciens sur scène, mettant le feu à coup de cuivres, basses, beats et
breaks funky monstrueux le tout avec des lyrics furieux en anglais, Yoruba
et espagnol. Chaque concert d'Antibalas est une fête, un hymne à la
danse. " Les fans ne peuvent pas s'empêcher de bouger avec le son
" déclare le New York Post. " Leurs nombreuses fêtes
Afrobeat partent toujours du bon pied et pour des heures entières "
s'exclame le Village Voice. " Ils peuvent faire durer et faire
monter en puissance le groove jusqu'à ce que tout le monde danse "
note le New York Times.
Basé à New York, Antibalas ("anti-balles" ou
"pare-balles" en espagnol) continue d'entretenir la torche
Afrobeat enflammée par le chanteur et activiste nigérian Fela
Anikulapo-Kuti. Leur son combine le jazz, le funk, les rythmes africains
traditionnels avec un discours politique revendicatif. Depuis ses débuts
en 1998, le groupe a propagé son monstrueux Afrobeat dans plus de
cinquante pays et plusieurs continents sur la planète délivrant son son
captivant et ses puissants messages dans des salles de rock, des clubs de
jazz, des scènes mythiques et sur les grands scènes des plus prestigieux
festivals – Coachella, Womex, Roskilde, Montreal, Montreux et bien
d'autres encore.
Les membres d'Antibalas sont Latinos, Caucasiens, Afro-américains,
Africains, Asiatiques. Les diversités ethniques, culturelles et les
parcours de chacun font du groupe un microcosme de New York, reflétant la
diversité de la ville.
Le groupe a commencé sa carrière par la populaire série de concerts
"Africalia!" dédiée à l'Afrobeat, au funk et autres musiques
de diaspora. L'événement, qui est devenu culte a continué une fois par
semaine pendant dix huit mois jusqu'à ce qu'un raid de police oblige le
club à fermer en avril 2001. Mais le buzz autour de ce « groupe afrobeat
de 20 personnes issu de Brooklyn » a commencé à se propager dans le
pays et autour du monde. Le groupe fut alors rapidement signé sur l'avant
gardiste label britannique «Ninja Tune» sur lequel ils ont sorti "Liberation
Afrobeat Vol 1" en 2001 et «Talkatif» en 2002 – 2 albums encensés
par la critique qui ont encore grossi la réputation croissante du groupe.
En 2003 le groupe a collaboré avec Baaba Maal et Taj Mahal sur « Red Hot
& Riot », un tribute à Fela pour rassembler de l'argent pour les
africains malades du SIDA.
La section de cuivre d'Antibalas a participé à des albums comme le «Uninvisible»
de Medeski, Martin & Wood ainsi qu'à des sessions avec le producteur
Charlie Dos Santos (Los Van Van, Barbarito Torres) qui a gagné un Grammy
Award. Antibalas est apparu sur de nombreuses compilations afrofunk à côté
de géants de la musique africaine comme Fela Kuti, Hugh Masakela et Manu
Dibango. Leur remake fait en 2003 du classique salsa "Che Che Cole"
(Daptone) continue à retourner les dancefloors.
Chaque membre a un CV bien trop long pour être cité dans cette courte
bio. Malgré les années de tournées, les attaches du groupe à New York
restent fortes. Ils aident par exemple à entretenir un espace
d'enregistrement/répétition coopératif à Bushwick, Brooklyn. Ils ont
appuyé Bertolt Brecht Forum, CHARAS/El Bohio, New York Zapatistas, Paper
Tiger TV, More Gardens Coalition, Rainforest Relief et d'autres
organisations progressives et/ou radicales. Ils apparaissent dans les
Block Parties du Bronx à la 127è rue de Harlem, en passant par Fort
Greene à Brooklyn. Ils se produisent aussi régulièrement pour les
prisonniers de Riker's Island.
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avril 2007.
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Orquesta Aragón
La singulière aventure de l'Orquesta Aragón commence le 30 septembre 1939 à Cienfuegos, la troisième ville de l'île. Le contrebassiste Orestes Aragón Cantero fait jouer pour la première fois la petite charanga qu'il a formée
: un orchestre avec des violons, un piano, une flûte, des percussions et un chanteur. Les charangas jouent surtout du
danzon, un style vieux d'un demi-siècle mais qui, grâce à sa variante chantée, le
danzonete, est plutôt à la mode à l'époque. Le groupe, qui s'appelle Ritmica del 39, puis Ritmica Aragón avant d'adopter son nom définitif de Orquesta Aragón fin 1940, joue aussi des valses et des airs espagnols à la mode. L'orchestre n'est sans doute qu'un groupe de plus parmi tous ceux qui animent les bals et les fêtes, mais la personnalité de son fondateur fait la différence. Homme aux idées sociales avancées (il milite au parti socialiste populaire, d'obédience communiste), il a déclaré la guerre au vedettariat : les cachets sont donc répartis équitablement entre tous les
musiciens ; pas question de donner la part du lion au directeur, ou à un chanteur étoile :
«
Je veux créer une famille musicale, déclarait-il. Je ne cherche pas des virtuoses, mais des musiciens qui aient une qualité humaine.»
Aragón dirigera pendant neuf ans l'orchestre qui porte son nom, avant qu'une grave infection pulmonaire ne l'oblige à prendre une retraite précoce en 1948. Pour le remplacer, Aragón désigne le violoniste Rafael Lay, qui n'a que 20 ans, mais déjà sept de présence dans la formation. Sous l'impulsion de Lay, la Orquesta Aragón donne ses premiers concerts à La Havane, ville qui, aux yeux des musiciens de province, passe pour une forteresse imprenable. En 1953, quand la mode du cha cha cha balaie celle du mambo, la Aragón ne laisse pas passer sa chance. Elle décroche un contrat discographique avec le label américain RCA Victor, très actif à Cuba, et ne tarde pas aligner les succès.
En 1954, le flûtiste Richard Egües apporte au groupe sa stupéfiante virtuosité et son sens de l'improvisation sans égal. Les tubes comme “El
Bodeguero” (“L'épicier”, écrit par Egües et repris plus tard par Nat King
Cole) ou “Pare Cochero”, imposent le groupe bien au-delà de l'île.
L'Orquesta Aragón est devenue synonyme de cha cha cha, et toute la planète danse au rythme du groupe de Cienfuegos. Dans cette décennie traversée par les spoutniks et les soucoupes volantes, armée de cette foi naïve et joyeuse dans les progrès de la science, la Aragón chante «Je m'en vais sur la lune passer ma lune de miel», et réalise la première démonstration (artisanale) de stéréophonie à Cuba. Les auditeurs étaient invités à allumer en même temps la radio et la télé, et ils entendaient le son de la flûte
d'Egües ou le violon de Lay passer d'un haut-parleur à l'autre.
Après le triomphe de la Révolution de 59, héritier des idéaux de gauche de son fondateur, le groupe se met au service du nouveau régime. Tous les musiciens de Cuba deviennent salariés de
l'État et touchent le même salaire, ce qui revient à étendre à toute la profession le principe de coopérative institué jadis par Orestes Aragón. Désormais, la Aragón est au service du peuple, pour le faire danser mais aussi pour l'instruire, en lui faisant connaître son patrimoine musical. La Révolution sait le parti qu'elle peut tirer de la musique comme vecteur de son message. L'habitude est vite prise d'envoyer à l'étranger des musiciens comme ambassadeurs de la culture et des nouvelles valeurs de Cuba. En 1965, la grande tournée “Music Hall de Cuba” amène la Aragón pour la première fois en France, où ils sont acclamés pendant trois semaines à l'Olympia...
En novembre 1971, la Aragón découvre l'Afrique, longtemps après que l'Afrique ait découvert la Aragón. Les pays du continent noir ont en effet vécu la fin du colonialisme et leur accession à l'indépendance au rythme du cha cha
cha, et les modèles cubains ont largement influencé les musiques modernes d'Afrique, à commencer par la rumba congolaise. Pour les Africains, la Aragón est « la » référence en matière de musique cubaine, et le groupe reçoit un peu partout un accueil de chefs d'État. L'Afrique laissera en retour son empreinte sur la musique du groupe, avec des titres tels que
“Muanga”, du Congolais Franklin Boukaka, et plus récemment “Yaye Boy”, tube du groupe sénégalais
Africando. Le cha-onda, un rythme et une danse créés au début des années 70 par le violoncelliste Tomas Valdés, doit beaucoup à un séjour en Guinée et à la fréquentation du meilleur groupe du pays, le Bembeya Jazz National.
Les années 80 seront difficiles pour la Aragón ; Rafael Lay périt dans un accident de voiture en 1982, Richard Egües quitte le groupe en 1984, et les musiciens qui ont connu la fondation (le joueur de timbales Orestes
Varona) ou l'âge d'or du groupe, prennent leur retraite les uns après les autres. Dirigée par Rafael Lay Junior, la Aragón rajeunie, un temps déstabilisée par l'évolution vertigineuse de la musique de danse cubaine dans les années 90, décide de revenir à ses racines. Pour sa tournée européenne de 1997 et son album Quien sabe
sabe, le groupe se replonge avec bonheur dans le répertoire de l'âge d'or et les arrangements d'époque.
Le disque suivant, La Charanga
Eterna, marque le soixantième anniversaire de la fondation de l'orchestre ; il trouve un bel équilibre entre la relecture du patrimoine Aragón
(“El Paso de Encarnacion”, “La Reina Isabel”), les classiques cubains
(“Siboney”, “Bruca Manigua”), et la musique actuelle, avec “Qué
Camello”. Quelques invités viennent souffler les bougies : la grande chanteuse Omara
Portuondo, l’ami de Porto Rico Cheo Feliciano, légende de la salsa, le congolais Papa
Wemba, qui rend ainsi hommage à ce groupe qui a tant inspiré l’Afrique, ou encore Felo
Bacallao, membre de la Aragón de 1959 à 1990, voix intacte qui fait partie de l'histoire de la Aragón.
Plus qu'à un style musical, la Orquesta Aragón est restée fidèle à l'esprit de son fondateur, cet amateur qui rêvait d'une famille régie par l'amour de la musique, et non par le désir de s'enrichir. Le rêve
d'Orestes Aragón est une réalité depuis soixante ans, et il n'a pas fini de nous faire aimer Cuba, sa musique et son peuple...
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août 2006.
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Vardan Arakelian
eb
Vardan Arakelian est né en 1970, à Erévan. Il a commencé son éducation musicale à l'âge de 11 ans. En 1992 il a terminé l'Institut Polytechnique d'Erévan.
Vardan Arakélian a joué avec les groupes et orchestres
suivants : Tata, Big Band de la TV et Radio d'Arménie, Chico and Friends, Big Band
d'État d'Arménie, Trio de Vahagn Haïrapétian.
À présent, il joue avec Armenian Navy Band, le Studio d'enregistrement KK, le groupe de Nuné Yassaian et le quintette de jazz
ethnique Time Report.
Vardan Arakélian a participé aux célèbres festivals de jazz en France, en Grande-Bretagne, en Autriche, en Italie, à Malte, en Géorgie, en Allemagne. Il a signé deux CD avec Armenian Navy Band, deux autres avec Haik Manarian, des CD avec Tata et Arthur Satian, et quatre CD avec Time Report.
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Arbols
Alejandra Gonzalez
Catalina Gimenez
Gonzalo Almaraz
Guillaume Barraud
Ivitsa Bogdanic
Laurent Ghénin
Force émotion et profondeur émane du chant, des chorégraphies
; le tout porté par une guitare et une flûte indienne ; ajoutez à cela les percussions et le son de l’accordéon, vous obtenez le décor que propose le groupe Arbols lors de leur concert. Ponctué de morceaux traditionnels, le répertoire de Arbols est composé principalement de titres originaux. Cet arbre feuilleté de nostalgie et folie tzigane nous emporte avec poésie au delà des frontières.
De l’Inde à l’Espagne, point de frontière ici, mais des sons aussi à l’aise ici que là, comme les peuples
gitans qui ont fait naître ces pulsations.
Laurent Ghénin : Dès l’âge de treize ans il joue le jazz du duo au Big band, puis se passionne pour la darbouka et les percussions digitales. Il étudie les tablas avec Pandit Shankar Ghosh (Calcutta), le Zarb iranien avec la famille Chemirani, la Darbouka avec différents musiciens orientaux. Il a joué en concert avec le violoniste turc Nedim Nalbantoglou, le percussionniste Ravi Magnifique, le saxophoniste Denis Guivarch (Magik Malik), le danseur kathak indien Kamal Kant...
Il introduit ses percussions dans les musiques traditionnelles africaine, mauricienne, réunionnaise, irlandaise et bretonne. Il joue les musiques méditerranéennes, balkaniques et orientales dans les festivals d’Europe, en Nouvelle Calédonie, le zénith, La Villette,
l’Européen, l’Institut du monde arabe, le Divan du monde, Bataclan, Cabaret sauvage ... Dans les groupes Rafik, Luda familia, Ziyara, Odjila, Loulou Djin, Leva, Slonovoski bal, Tiziri, Les babouches noires ...
Il accompagne la danse orientale de Myriam Doujou, Assia Guemra, L’autre danse, Pazit, Illina...
Alejandra Gonzalez : Originaire du Mexique où elle commence l’étude du flamenco et ses premiers tablas (entre autre avec le groupe La Forja), elle vient vivre sa passion du flamenco à Madrid pour approfondir ses connaissances et intégrer un groupe de musiciens gitans avec qui elle découvre l’art de l’improvisation. En France depuis 2002, elle crée des chorégraphies et danse dans la création «Terres mêlées» à l’Institut du monde arabe, puis au Trianon en 2003 avec Patricio Martin. De sa rencontre avec Katia Benito naît le spectacle «Sentimientos» qui fera salle comble à Planète Andalucia.
Catalina Gimenez : Force émotion, profondeur sont les qualificatifs qui s’imposent spontanément en écoutant Catalina
Gimenez, émouvante dans le Cante Jondo (chant profond) et dans les styles les plus festeros
(festifs) ; elle est aussi recherchée en tant qu’accompagnatrice de la danse. Catalina a réalisé de nombreux récitals, spectacles de chant et danse, concerts-débat sur « le flamenco et le monde gitan ». Une des pionnières en France de la transmission du chant flamenco, elle anime des stages de chant à Paris, en province et à l’étranger, intervient en milieu scolaire, dans le milieu de l’insertion et de l’entreprise. Elle est aujourd’hui une chanteuse recherchée pour ses qualités artistiques, la richesse de son répertoire et ses qualités pédagogiques.
Gonzalo Almaraz : Né à Madrid où il vivra jusqu’à ses dix ans, Gonzalo Almaraz est issu du creuset flamenco grâce à un père cantaor (chanteur) qui l’initie aux secrets des rythmes du cante Jondo (Chant profond) et de la danse. Très tôt, il intègre la troupe de son père, et se produit en France et à l’étranger. Guitariste reconnu et recherché par de nombreuses formations, il accompagne Catalina Gimenez depuis dix ans, et se produit dans les grandes salles et festivals d’Europe.
Guillaume Barraud : Fervent disciple du flûtiste légendaire Hariprasad Chaurasia, Guillaume Barraud est en formation intensive avec le maestro de la musique classique Hindustani (nord de l’Inde) dans son ashram “Vindavan Gurukul” depuis plus de cinq ans. Il vit entre Bombay et
l’Europe où il tourne avec divers groupes de world music tels que “Foula”, dont il est l’un des membres fondateurs, ou encore “ The Search” du percussionniste turc Misirli Ahmet,
d’Istanbul. Guillaume s’impose rapidement comme un concertiste notoire de la flûte hindustani dans divers cercles de musique à Bombay. Musicien cosmopolite et talentueux, Guillaume Barraud nous enchante par son jeu sensible et expressif.
Ivitsa Bogdanic : Il apprend très jeune le répertoire traditionnel de son pays d’origine : la Yougoslavie. Ouvert à d’autres sons, il intègre le groupe de Rock folk balkanique "Leva" et plus récemment le combo tzigano-balkanique Loulou Djine avec lequel il joue dans les festivals d’Europe.
Laurent
Ghénin, Guillaume Barraud, Adrian Iordan
Danijel Puhek, Thomir
Tihomir Stojiljkovic
Arbols vient du mot «
Arbol », « Arbre » en espagnol et de « Bols », (littéralement
« paroles » en Inde) qui sont les onomatopées désignant les frappes
des doigts sur les tambours indiens.
Sur les rythmes enlevés des tablas, de la batterie et la basse, dans les
entrecroisements des rythmiques indiennes, balkaniques, des programmations
et des boucles du sampler, la flûte indienne bansouri (en bambou) épouse
les ornements tziganes de l’accordéon. Ajouter à cela, les sons
planants ou psychédéliques du synthétiseur, les samples d’ambiances
ou des Inuits et vous aurez le décor offert le groupe Arbols.
Ponctué de morceaux traditionnels, le répertoire de Arbols est toutefois
principalement composé de titres originaux. Cet arbre feuilleté de
nostalgie et folie tzigane nous emporte avec poésie au delà des frontières.
" De l’Inde à l’Espagne, point de frontière ici ; mais des
sons aussi à l’aise ici que là, comme les peuples gitans qui ont fait
naître ces pulsations."
SITES
INTERNET
http://www.myspace.com/arbols
www.assotransik.com
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
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mise à jour en octobre 2007.
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Armandhino & Jota E Companhia
Armandinho, Jota
Anderson, Paulo Camargo
Rubens Pinheiro, Prince Zober, Stéphane Goldman, Eugênio
Armandinho
: Ce musicien virtuose est considéré comme l'un des meilleurs
instrumentistes du monde. Spécialisé en "Bandolim" et
"guitare baiana" (type de guitare électrique), il est
l’inventeur avec Dodô et Osmor du Trio Elétrico. C'est également un
des grands noms du renouvellement du choro. Il joue des frévos, du
classique et surtout le meilleur de la musique instrumentale brésilienne.
En
1967, il joue de la guitare électrique dans le groupe de rock Hells
Angels qu’il vient de créer. Armandinho baigne ainsi dans le rock,
celui des Beatles, Hendrix, Rolling Stones dont il va garder « le
langage, l´accent, le jeu et les distorsions » qu’il va adapter à
la mandoline traditionnelle ainsi qu´à la guitare bahianaise, «
devenant ainsi une référence pour les jeunes » mandolinistes et
guitaristes.
Après
une tournée avec Moraes Moreira, il forme dans les années 70 le groupe
A Cor do Som dont les succès, mêlant des influences rock, jazz et
musique brésilienne, ont fréquemment figuré au hit parade. Le groupe
enregistrera six disques.
Il
lance sa carrière solo en 1987, participe à un grand nombre de
festivals internationaux et enregistre plus d’une vingtaine de disques
avec le Trio Elétrico. Excellent improvisateur, il fait de nombreux
duos spectaculaires avec des artistes vedettes actuels du Brésil, comme
Yamandu Costa et récemment Hamilton de Holanda, dont il est un des
grands inspirateurs.
Jota
E Companhia : Pour la sortie de son 1er album en France, le
groupe créé un nouveau concept de concert-spectacle qui accompagne le
mélange des rythmes brésiliens : samba, maracutu, vaneraõ, avec
des nuances rock et jazzy.
Le
forró c’est le bal populaire du Nordeste du Brésil. Il permet une réelle
interaction avec le public en faisant d’un simple concert une véritable
fête. A l’origine, cet orchestre populaire est formé autour de
l’accordéon, du triangle et de la zabumba. Jota E Companhia y ajoute
la guitare et la basse pour produire une musique contemporaine qui mène
à une danse rapide et entraînante. Le groupe conserve ainsi
l’authenticité du forró traditionnel tout en y apportant une sonorité
enrichie. C’est ce forró qu’ils veulent faire découvrir et
partager au-delà du Brésil. Le métissage riche et prometteur de ces 6
musiciens est sur le point de contaminer le monde musical européen.
SITES
INTERNET
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novembre 2007.
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Gabriela Arnon
Piano,
Composition
Chanteuse, pianiste,
et auteur – compositeur new-yorkaise, Gabriela
Arnon a étudié la musique classique et le jazz avant
de prêter sa voix au rock mélodique. Elle suit sa vocation d'élève
éclectique musicale dès l'âge de treize ans au "High School of
Music and Art", lycée renommé de Laura Nyro et de Janis
Ian. Des expériences multiples et variées sur la scène musicale new
yorkaise se succèdent jusqu'au au jour ou Willie Colon fait appel à
elle comme choriste. Elle tourne et enregistre avec lui, avec Ruben
Blades et Soledad Bravo, son chemin croisant ainsi d'autres pointures du
"Latin Jazz": Hector Lavoe, Larry Harlow, Milton Cardona...
Mais une fois qu'Air France la livre à Paris, il est temps de voler de
ses propres ailes. Elle chante en "solo" au Festivals de Jazz
de Mulhouse et de Haut Bourgogne et au Festival d'Antibes, puis à Paris
au Petit Journal, au Caveau de la Huchette, au Triton, à Marakkech, à
Tashkent, en Toscane, dans les églises pré-chrétiennes de la
Cappadoce (Turquie)...
Amoureuse des voyages
et des rencontres, Gabriela part en Suisse pour proposer une
collaboration à Christophe Mueller. Ensemble, ils créent le groupe
trip-hop-art-rock "Ten Mother Tongues". Leur album,
"The Listening Tree", est très bien accueilli par la critique
en France. Ils montent l'album sur scène à Paris au Festival de Théâtre
anglophone au Théâtre de Nesle. Puis Karel Beer lui propose de jouer
ses nouvelles chansons en première partie de John Greaves à l'Hôtel
du Nord, ce qui lui donne envie de refaire de la musique acoustique.
© Copyright L'Arcipel, 2008.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion,
janvier 2008.
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Art Ensemble of Chicago
Malachi Favors, le bassiste de l'Art Ensemble of Chicaco et aussi co-fondateur de A.A.C.M. (Association for the advancement of créatives Musicians) nous a quitté dans la nuit du 30 au 31 janvier 2004 à l’âge de 76 ans. Son esprit et sa musique resteront dans nos cœurs. La tournée de l'Art Ensemble of Chicago aura lieu et sera bien évidemment dédiée à Malachi Favors.
Près de vingt ans après son dernier album chez ECM, l’Art Ensemble de Chicago, l’un des collectifs les plus déterminants de l’histoire du jazz, nous revient avec « Tribute to Lester », qui rend hommage à la mémoire de leur ami et collègue, Lester Bowie, disparu en 1999.
La première collaboration de l’Art Ensemble et d’ECM a donné des disques aujourd’hui classiques, « Nice Guys », « Full Force », « Urban Bushmen » et « The Third Decade» – tous enregistrés entre 1978 et 1984. Comme la presse et les membres du groupe s’accordaient à le dire, les improvisations pointues de l’AEC bénéficiaient considérablement de la production musicale de Manfred Eicher. On réussissait enfin à entendre toute la richesse et toute la complexité du monde sonore de l’Art Ensemble et à suivre tout l’éventail de leur argumentation musicale, qu’ils évoquent avec enthousiasme des visions africaines grâce à leurs sections de percussions improvisées ou qu’ils lancent leurs cuivres dans des assauts d’énergie sonore totalement débridée.
Après que quatre membres de l’Art Ensemble – Bowie, Mitchell, Favors et Moye – eurent donné un concert historique à Munich en 1995, une nouvelle série de projets avec ECM fut envisagée (pendant presque toute la décennie précédente, des obligations contractuelles avec un label japonais avaient empêché le groupe d’enregistrer ailleurs). Le premier résultat de ce « remariage » fut l’album remarqué de Roscoe Mitchell en 1997, «Nine To Get Ready».
Avec la disparition de Lester Bowie deux ans plus tard, l’Art Ensemble perdait à la fois un personnage haut en couleur, un musicien charismatique et l’un des trompettistes les plus créatifs de l’histoire de la musique. Ses bavures, ses liaisons et ses growls caractéristiques, ses effets de demi-piston, son large vibrato et son humour anarchisant avaient apporté de nouvelles couleurs et de nouvelles idées au jazz. Bowie, qui ne souffrait pas de fausse modestie, se voyait comme un maillon de la tradition qui va de Louis Armstrong et Dizzy Gillespie à Miles Davis et Don Cherry et ne supportait franchement pas les musiciens qui se contentent d’une recréation historique correcte des styles de jazz. La devise de l’Art Ensemble, « Ancient to the Future », qui est aussi son cri de ralliement, impliquait que l’étude a pour but de faire avancer un musicien et non de l’engluer dans le passé, idée sur laquelle il convient encore d’insister.
Dans ce sens, « Tribute to Lester » aborde l’esprit du blues qui était la première source d’inspiration de Bowie – il s’est fait connaître en jouant dans les groupes d’Albert King et de Little Milton, entre autres – tout en revenant sur l’histoire de l’AEC. Mitchell reprend avec compétence le « premier rôle », nous rappelant ainsi que l’AEC était à l’origine son groupe (les premières années, il portait le nom de Roscoe Mitchell Art Ensemble). La juxtaposition de beaucoup d’espace et d’un jeu extrêmement intense fait penser à l’époque de l’album mythique de Roscoe, « Sound », (1966), qui est également celle des premiers disques qu’il a faits avec Bowie et Malachi Favors. « Tutankhamun », de Malachi Favors, était entre temps devenu l’un des morceaux de base de l’Art Ensemble of Chicago pendant les années formatrices à Paris, lorsque ses représentations merveilleusement théâtrales – et son sens musical – laissaient une impression profonde sur les musiciens européens.
« Zero » de Bowie, un morceau « free bop » qui est d’abord apparu dans « The Third Decade », est entrelacé ici avec la composition de Mitchell, « Alternate Line ». L’une des œuvres centrales de l’album est certainement la concise mais vaste « Suite for Lester » de Mitchell, qui tisse un ensemble d’atmosphères et de couleurs aussi imprévisibles que son sujet. Roscoe se meut entre le sax soprano retentissant, le néo-baroque précieux et une ligne de saxophone basse tonitruante et bluesy qui rappelle « Odwalla », le morceau fétiche de l’AEC. Ici et là, Malachi Favors et Don Moye apportent le soutien empathique et presque télépathique élaboré au fil des années de travail commun.
« Sangaredi », qui ouvre le disque, est une jungle de rythmes tribaux entrecroisés, dans la veine des anciennes séances de percussion de l’AEC comme « Bush Magic ». Ce « Tribute to Lester » se termine par deux improvisations collectives – « Clear As The Sun », avec un superbe saxophone soprano aux circonvolutions puissantes de Mitchell et « He Speaks To Me Often In Dreams », un morceau de percussion évolutif et plein de jolis détails, de cloches au tintement magique et de « petits instruments » (l’utilisation des jouets, sifflets, klaxons et cetera a été l’une des innovations de l’AACM*) qui apportent des à-côtés indéterminés, comme une fenêtre ouverte sur la rue… Le message de Lester Bowie, et de l’Art Ensemble, continuera à interpeller les improvisateurs, longtemps et partout.
***
Les membres fondateurs de l’Art Ensemble, Roscoe Mitchell et Malachi Favors, se sont connus au début des années soixante. Favors était déjà un vétéran de la scène musicale de Chicago, qui avait travaillé avec Andrew Hill dans les années cinquante. Alors qu’il était stationné en Allemagne avec l’armée américaine, Mitchell avait rencontré Albert Ayler et avait été très impressionné par son jeu révolutionnaire. À son retour à Chicago, il a monté avec Favors un groupe destiné à étudier la musique d’Ayler, d’Ornette Coleman, de Sonny Rollins et d’Art Blakey. Ils ont bientôt été rejoints dans leurs tentatives d’exploration par l’artiste pluridisciplinaire Joseph Jarman, qui faisait déjà parler de lui comme poète et saxophoniste.
En 1965, tous trois étaient affiliés à l’Experimental Band de Muhal Richard Abrams, qui a donné naissance à l’Association for the Advancement of Creative Musicians, dont les premiers membres comprenaient également les saxophonistes Fred Anderson, Henry Threadgill et Kalaparusha Maurice McIntyre, les trompettistes Billy Brimfield et Phil Cohran, le tromboniste Lester Lashley, le guitariste Pete Cosey, le pianiste Jodie Christian, le bassiste Fred Hopkins et les batteurs Steve McCall et Thurman Barker. Ce sont ces musiciens que Lester Bowie a rencontrés en arrivant à Chicago en 1966 et qui lui ont fait dire cette phrase aujourd’hui célèbre : « De ma vie je n’ai jamais vu autant de cinglés dans une seule pièce ! » Bowie s’est cependant très vite adapté et s’est mis à travailler avec Mitchell au bout de quelques jours, faisant de sa connaissance approfondie du blues et du jazz ancien une part importante du mélange stylistique de ce qui allait devenir l’Art Ensemble.
Mitchell a donné dès décembre 1966 le nom d’Art Ensemble à son groupe, qui est devenu l’Art Ensemble de Chicago en juin 1969 lorsqu’un promoteur français a ajouté cette qualification géographique à une annonce de concert du quartette Mitchell-Bowie-Jarman-Favors. Leur séjour de deux ans en Europe (1969–1971) est aujourd’hui matière à légende. Pendant cette période prolifique, ils ont enregistré plus de quinze albums – pour une quantité de labels dont BYG, America, EMI France et Arista/Freedom – qui ont été étudiés sous toutes les coutures en Europe et ailleurs. Ils ont donné des concerts inoubliables où musique, rituel et théâtre dadaïste s’entremêlaient. À Paris, le groupe a également rencontré l’inventif percussionniste Don Moye, qui avait déjà joué avec Steve Lacy, Pharoah Sanders et Sonny Sharrock, entre autres, et qui est devenu le cinquième membre de
l’Art Ensemble.
Le groupe a commencé à travailler chez ECM en 1978, tandis que Lester Bowie apparaissait simultanément avec le Special Edition de Jack DeJohnette et avec son compagnon de l’AACM, le trompettiste Leo Smith. Pendant les années quatre-vingts, Bowie a également enregistré pour ECM une série d’albums très populaires en tant que leader : « The Great Pretender », « All The Magic! », « I Only Have Eyes For You » et « Avant Pop ».
L’Art Ensemble formé par Mitchell, Bowie, Jarman, Favors et Moye devait rester inchangé pendant plus de deux décennies. En 1993, Joseph Jarman a entamé une période « sabbatique » de dix ans durant laquelle il s’est consacré au zen et à l’étude des arts martiaux, ne se produisant plus que de temps à autre. De 1993 à 1999, l’Art Ensemble est essentiellement devenu un quartette. Après le décès de Bowie, les membres restants ont brièvement essayé d’intégrer différents musiciens, dont le frère de Lester, le tromboniste (et leader de Defunkt) Joe Bowie et le saxophoniste Ari Brown, avant de se décider pour le trio.
Parallèlement à leur travail au sein de l’Art Ensemble, les membres du groupe ont poursuivi leurs activités en solo, Mitchell étant le plus prolifique, à la fois dans le milieu du jazz et dans celui de la musique contemporaine. Outre qu’il dirige son groupe Note Factory et joue en duo et en trio avec Borah Bergman, il a donné les premiers concerts de nouvelles compositions pour orchestre de chambre, saxophone alto, gamelan et d’autres formations instrumentales.
Les activités extérieures de Don Moye comprennent la direction du groupe de percussions pan-africain/américain Sun Percussion Summit. En dehors de l’AEC, Malachi Favors s’est surtout impliqué dans le Ritual Trio de Kahil El Zabar. En janvier 2003, Joseph Jarman est revenu à plein temps dans
l’Art Ensemble.
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Vincent Artaud
Contrebasse,
Composition, Programmation
« Artaud », l’homme.
Nouveau disque, nouveau nom : Vincent Artaud n’a mis aucune précipitation a réaliser son premier album, attendant que se combinent, dans son esprit et se manifestent dans ses œuvres, les leçons que son parcours de musicien lui a permis de récolter. Il fait avec cet album la somme d’un cheminement personnel qui mêlent l’engagement et la rigueur, la curiosité érudite et l’ouverture d’esprit.
Originaire d’Annecy où il est né le 7 décembre 1970, Vincent Artaud a grandi à Dijon. Sa mère a étudié la musique sans en faire son métier, elle lui donnera des rudiments de piano. Auteur de la première traduction française de la Direction d’orchestre de Hermann Scherchen, son père Alain a fondé la collection Musique aux éditions Actes Sud. En bon amateur de jazz, il fait partager ses goûts à son fils : l’adolescent aime le son de Charles Mingus, Scott LaFaro auprès de Bill Evans, le trio de Herbie Hancock, le Jaco Pastorius flamboyant des débuts, la vitesse de Charlie Parker, le Miles Davis électrique, le Dexter Gordon de la bande-son de Round Midnight… mais sous l’influence paternelle, il découvre aussi Stravinsky et
Bartok.
À 17 ans, alors qu’il a commencé à jouer de la guitare basse, Vincent s’inscrit dans l’école de jazz de sa ville, étudie auprès de Benoît Lallemand qui le contraint à travailler au piano pour mieux penser ses lignes de basse, lui fait découvrir les modes et les renversements. Entré au conservatoire deux ans plus tard, il se familiarise avec la contrebasse. Son professeur place de grand espoir en lui, mais l’appel du jazz sera le plus fort. Plusieurs séjours à Paris finissent par le convaincre de venir s’installer dans la capitale en 1992. Encore marqué par ses premières amours pour le jazz-rock, il fréquente les jam sessions du Sunset et du Baiser Salé, se perfectionne sur la contrebasse, bénéficie des conseils d’instrumentistes plus expérimentés comme Marc-Michel Le Bevillon, fait la connaissance de musiciens de son âge comme Pierrick Pédron avec lesquels il “fait le métier”.
Vincent Artaud sort de l’ombre en 1997 lorsqu’il se présente au Concours national de La Défense à la tête d’un quartet fraîchement constitué, sans piano, réunissant les saxophonistes Boris Blanchet (ténor) et Pierrick Pédron (alto) ainsi que Laurent Robin à la batterie. Sur un répertoire de la main du contrebassiste, ils remportent un Second prix de groupe, rencontrent un écho favorable dans la presse et se produisent peu après sur des scènes de premier plan telles que le célèbre « Jazz à Juan », l’Hôtel d’Albret à Paris, le Festival de Radio France et Montpellier ou encore celui de la Cité de Lausanne. Les thèmes sont efficaces, la formule originale, le groupe jeune et énergique. Alors qu’Olivier Témime a remplacé Boris Blanchet, contact est même pris avec le label hollandais Challenge en vue de publier un disque, mais avec une clairvoyance qui le caractérise, Vincent Artaud renoncera finalement à cette opportunité de “sortir” un premier album, sentant intuitivement qu’il n’avait pas encore atteint sa maturité musicale, percevant qu’autre chose allait venir, de plus consistant, de plus personnel.
En 1998, assidu aux « Nuits blanches » qui se tiennent jusqu’au petit matin dans la cave du Petit-Opportun tous les mardis, il côtoie la jeune garde du jazz français, cultive ses classiques à la rude école du be-bop, noue des amitiés fortes avec Alex Tassel, Baptiste Trotignon et de nombreux autres musiciens qu’il continue de fréquenter de loin en loin. Ses confrères Rémi Vignolo et Clovis Nicolas, plus engagés dans le milieu du jazz, n’hésitent pas à le recommander, ce qui lui permet de multiplier les collaborations et de s’aguerrir sur l’instrument. Il “monte en grade” et accompagne Sylvain Beuf, Alex Jacquemin, Eric Le Lann, Biréli Lagrène, Stéphane Belmondo, entre autres.
Parallèlement une révolution profonde s’opère dans son univers musical : un ami oublie quelques disques chez lui et Artaud ressort bouleversé de leur audition. La découverte de l’œuvre de Chostakovitch et d’Olivier Messiaen est un révélateur. L’écoute de la Turangalila symphonie de Messiaen, notamment, ouvre un monde à ses oreilles : le foisonnement de percussions et de claviers, l’influence des musiques orientales, une certaine proximité harmonique avec le jazz par l’usage de modes à transposition limitée se combinent en dégageant un chemin pour lequel Vincent éprouve la plus vive curiosité. Il n’aura de cesse, dès lors, de vouloir augmenter sa connaissance de l’univers classique, d’apprendre à composer, d’étudier l’orchestration.
À partir de l’an 2000, il fait son apprentissage auprès du compositeur Laurent Couson et expérimente son savoir grandissant dans des œuvres de commande, principalement pour le théâtre. Amorcé auprès de la compagnie Mù en 1997 grâce à la comédienne Céline Bodis qui lui avait demandé d’écrire la musique pour La Ménagerie de verre de Tennessee Williams montée au festival off d’Avignon, ce travail prend de l’ampleur avec une adaptation des Lettres portugaises en 2000 ; suivent des compositions pour L’Eveil du printemps de Frank Wedekind pour la compagnie l’Héliotrope (2002) et Vraie blonde et autres mis en scène par Paul Desveaux d’après Kerouac (2004). L’aventure se prolonge en 2005 au travers de deux productions d’importance : Les Brigands de Schiller pour le Théâtre 71 de Malakoff (janvier) et la création de L’Orage d’Alexandre Ostrovski à Paris au Théâtre de la Ville (mai-juin).
Grâce au batteur André Ceccarelli, Vincent a mis, par ailleurs, un pied dans l’univers des studios. Par son professionnalisme, il contribue à la réussite d’albums de variétés (Henri Salvador, Patrick Bruel, Dany Brillant, Angélique Kidjo…), effectue des tournées auprès de quelques stars, collabore à l’écriture de musiques pour le cinéma et la télévision. Sa bande-son pour L’homme sans tête de Juan Solanas (Onyx Film) lui vaut de recevoir, en 2004, le prix de la meilleure création sonore au 26ème Festival du Court-Métrage de Clermont-Ferrand ainsi que le Lutin de la meilleure musique, décerné au cours de la VIIème Nuit des Lutins du Court-Métrage au Théâtre national de Chaillot. Cette situation privilégiée lui donne le confort matériel pour aiguiser sa plume et composer de nouvelles œuvres pour lesquelles il fait appel à des instrumentistes de renom comme le violoncelliste Hervé Derrien (soliste à l’Orchestre national de France) ou l’altiste Jean-Paul Minali Bella (ancien du Quatuor Arpeggione), qui enregistre son duo pour violoncelle et alto.
Embrassant un champ musical de plus en plus large, Vincent Artaud a fait, pendant l’été 2000, la rencontre déterminante d’Arnaud Rebotini, personnage hors du commun, figure de proue des musiques électroniques en France, d’une érudition qui mêle une grande connaissance du rock à une compréhension profonde de la musique contemporaine, compositeur affilié au GRM (Groupe recherches musicales) autant qu’éminence grise techno de projets phonographiques d’envergure sous les noms de Zend Avesta ou de Black Strobe – « tout, sauf un DJ » comme se revendique ce pionnier avant-gardiste et décalé de la création contemporaine. Arnaud a besoin des talents de compositeur d’Artaud pour intégrer des sections de cordes à l’une de ses créations et souhaite élargir ses représentations en matière d’harmonie ; en retour, Artaud s’initie à la manipulation des synthétiseurs numériques et analogiques, découvre les arcanes du mixage et du façonnage sonore assisté par ordinateur, élargit sa culture, grâce à Arnaud, des musiques électroniques. Leurs échanges sont fructueux et se poursuivent encore à l’heure actuelle. Ils ont joué un rôle déterminant dans la conception de son premier album.
Celui-ci s’intitulera simplement « Artaud » parce que Vincent a le sentiment qu’à ce moment de son histoire, il s’est certainement trouvé ; « Artaud », pour désigner cette synthèse d’influences et d’expériences, de savoirs et d’invention qui s’est lentement opérée, sans précipitation, en lui ; « Artaud », comme un nom posé sur une musique inclassable, qui ressemble à bien des égards à la personnalité complexe, réceptive et sensible, de son créateur.
Au-delà de ce disque à nul autre pareil, pour lequel il réfléchit aujourd’hui à une transposition scénique, Vincent Artaud poursuit son chemin dans le jazz, contrebassiste du nouveau quartet de Julien Lourau – qui lui a réclamé plusieurs arrangements pour son prochain album – et du Ilium Quintet de Pierre de Bethmann. Il se produit également avec le Trio PAD (qu’il forme avec les saxophonistes Pierrick Pédron et Vincent David) et, à la basse électrique, participe à Jefferson, un groupe de rock-électro dont il assure la production et les arrangements, sur un répertoire de chanson dans l’esprit crooner avec cordes et couleurs vocales à la Dean Martin.
Le Nouvel album : DUM DUM
DU SLAM, DU ROCK, DU POLAR…
le premier disque saluant le roman noir !
" les affaires pas élucidées dans des piles de cartons, tout est là, rassemblé, toutes les fois où on saura jamais comment ils ont bien pu détaller... "
Sorte de conte noir post-moderne, à la manière d'un recueil de nouvelles d' E.A Poe, avec des filles perdues, des anti-héros, des zones industrielles désertes, de l'étrange,
de la romance et de l'aventure.
Le projet est à découvrir comme un "livre dont vous êtes le héros" : collage de chroniques et de flash narratifs dont l'assemblage dessine, en contre-jour, la silhouette d'une trame, en laissant le dernier mot à l'auditeur.
Exercice de genre, on y joue avec les conventions du polar en les restituant dans une problématique musicale - L'interprétation est à l'avenant : parlé-chanté, rap a-capella, voire lecture pure.
Les basses sont lourdes, l'atmosphère interlope.
Adapter les contraintes de la narration papier au support disque : DUM DUM est un disque à lire un livre à écouter un film à écouter une bd à écouter un film à lire un cd à voir un cd à regarder -
La forme est radicale (meurtres, traîtrises, ambiguïtés, rimes violentes, armes, espaces pavillonnaires) : elle sert à faire tendre l'oreille à des propos qui interrogent la vie moderne ; c'est tout. Elle est un jeu, elle aussi, comme les enfants qui font des parties de shoot’m up sur leurs ordinateurs ; comme un audiovidéo
game.
Un petit opéra bien dark ou les aventures de Clyde et Bonnie 2005.
C'est comme si d'un coup on découvrait tous les freaks du quartier, les assassins en liberté et qu'on pouvait les écouter - dans un petit recueil de nouvelles interdites aux mineurs.
« Artaud »
Une authentique découverte. Pour beaucoup, « Artaud » aura été l’une des surprises de l’année 2004. Un album sans équivalent, un univers qui s’impose de lui-même, unique et envoûtant, par ses timbres, ses couleurs, son habileté à associer des mondes qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer. Pour le faire découvrir, Vincent Artaud a pris son patronyme pour titre. Et pour nom d’artiste. Ce qui va de soi chez certains révèle, en ce qui le concerne, une lucidité créative. Sa musique opère la somme de ses expériences, tout en étant intimement reliée à sa sensibilité. Issu du jazz, dont il maîtrise les codes et fréquente les lieux, Artaud a élargi le champ de son savoir à la tradition classique. Très marqué par Stravinsky et Debussy, il a étudié l’orchestration pour pouvoir à son tour être capable de composer. Dans le même temps, son goût pour la musique répétitive et une collaboration étroite avec Arnaud Rebottini (alias Zend
Avesta), issu des musiques électroniques, l’ont poussé à s’initier à la programmation et à exploiter les possibilités de la mise en boucle. Sa musique fait ainsi se mêler les cordes et les bois d’un orchestre de chambre avec des gimmicks venus de l’électro. Mais elle garde le jazz en ligne de mire : investie par l’improvisation des solistes, nourrie par la culture du contrebassiste, irradiée des sonorités qui lui sont propres. Avec son premier album, Vincent Artaud a imposé un monde d’émotions et de couleurs, où les accents dramatiques côtoient la plus grande douceur, dans des pièces complexes, souvent énigmatiques, reflets d’une personnalité singulière. Pas étonnant, donc, qu’on le retrouve dans les rangs de quelques-unes des formations les plus stimulantes du jazz hexagonal : le sextet du saxophoniste Pierrick
Pedron, le quintet Ilium du pianiste Pierre de Bethmann et le groupe « Fire & Forget » de Julien
Lourau, à qui il a prêté main forte sur certains arrangements de son nouvel album. En outre, la bande-son qu’il a composée pour le court-métrage
L’Homme sans tête de Juan Solanas (prix du jury à Cannes en 2003) a été primée à deux reprises l’année dernière et ses musiques de scène accompagnent des pièces dans deux théâtres de
premier plan. Incontestablement, 2004 est bien l’année de Vincent Artaud.
« Artaud », l’album SOLO
Pourquoi donner à cette musique un autre nom que celui de son créateur ? Pourquoi vouloir la classifier, chercher à déterminer le genre dans lequel la faire entrer ? « Artaud », ce titre qui n’est rien d’autre que le patronyme de son auteur – à la fois compositeur, interprète, concepteur et chef-monteur d’un album qui ne ressemble guère à ceux qu’on a l’habitude d’entendre – se suffit à lui-même. La musique de Vincent Artaud est l’aboutissement d’une expérience plurielle qui l’a vu s’impliquer dans le jazz au meilleur niveau, dans la composition en se soumettant à l’apprentissage des règles de la tradition savante, dans l’exploitation des nouvelles technologies au service des musiques électroniques. Sans bariolure ni faux-semblants, les dix plages de « Artaud » sont le résultat d’une lente maturation, d’un processus d’assimilation et de recherche, de rencontres déterminantes (avec l’atypique Arnaud
Rebotini, avec le compositeur Laurent Couson) et d’une carrière déjà bien étoffée de contrebassiste.
Ses pièces sont nourries de son amour pour les quatuors de
Bartok, la musique de chambre de Webern ou de Berg, dont elles n’oublient pas les derniers élans romantiques. Elles retrouvent la violence lumineuse de Stravinsky et ne cachent pas l’inspiration qu’elles prennent dans l’écriture coloriste de Debussy, plus sensible aux sons qu’aux thèmes, ni dans la musique timbrale de Ligeti ou Penderecki. Pour autant, Vincent Artaud n’a pas la prétention de rivaliser avec ses influences, ni même avec leurs héritiers directs. Il est allé vers cet univers par goût, soucieux d’en apprendre quelques secrets, d’en retenir des procédés d’écriture et d’acquérir les moyens de concrétiser ses propres aspirations marquées, en premier lieu, par son parcours de jazzman.
En bon contrebassiste, il retient la notion de groove et celle de répétitivité. « Quand un riff tourne et se répète, quelque chose se met en place qui ne se serait pas installé si on ne l’avait joué qu’une seule fois. J’adore ce principe de la répétition, je l’ai beaucoup utilisé dans ce disque. L’aspect répétitif peut s’apparenter à la musique minimaliste américaine – je suis un admirateur de Steve Reich (de Desert Music, City Life et Music for 18 Musicians en particulier) – mais aussi à de la musique pop. C’est une dimension qui ne peut pas nous échapper. Dans le funk, c’est dans la répétition de la ligne de basse qu’il se passe quelque chose parce qu’elle s’inscrit dans le temps. Elle prend une autre dimension, avec une perspective, quelque chose qui s’écoule. Au bout d’un certain temps, elle n’est plus perçue de la même manière. » Cet attrait pour la récursivité n’a pu que se renforcer à mesure que Vincent Artaud a découvert les possibilités offertes par les technologies informatiques et que grandissait sa fascination pour l’usage de la boucle, qui s’est révélé un instrument décisif dans son travail de création : « C’est un principe qu’on utilise beaucoup dans la musique électronique puisque celle-ci a commencé lorsqu’on s’est aperçu qu’on pouvait répéter des séquences, les découper, recouper à l’intérieur, les réduire ou les augmenter. La boucle permet d’isoler des instants et leur donner un autre sens. »
De fait, l’un est venu alimenter l’autre, la composition et l’arrangement ont évolué à mesure que l’expérimentation sur ordinateur laissait entrevoir de nouvelles possibilités d’assemblage et de combinaison, de mise en boucle et d’échantillonnage : « L’électronique et l’écriture ont toujours avancé en même temps. Elles sont imbriquées l’une dans l’autre. J’ai été très aidé par les capacités de l’ordinateur de pouvoir programmer des claviers, de boucler des guitares, de créer mes propres sons, et d’utiliser des samplers pour les flûtes, le cor, la clarinette, les saxophones, et de superposer des cordes. Les parties de batterie n’ont pas été enregistrées spécifiquement pour le disque. J’ai fait jouer Franck Agulhon pendant trois heures et j’ai remonté ses phrases. Dans St Barthélemy, j’ai pu ainsi construire ma programmation et mon orchestration progressivement autour de son phrasé reconstitué. »
Dans cette édification à la trame complexe où les cordes se mêlent aux sons électroniques, où les élans du saxophone alto de Pierrick Pédron se dégagent de lignes itératives, où la clarinette basse de Thomas Savy et la flûte de Magic Malik apportent des teintes chaudes qui s’allient au raffinement frémissant d’une orchestration chambriste, le jazz tient une place fondamentale : « Trois choses m’intéressent dans le jazz : l’approche particulière du rythme ; la capacité qu’a tout bon jazzman d’improviser, surtout si elle est appliquée dans une autre perspective sonore ; et le son global de cette musique, qui à chaque instant, est unique, intrinsèquement lié à ceux qui la jouent. » Ainsi dans un souci constant de rapport de timbres, des éléments empruntés à l’écriture classique, à l’électronique, au jazz, à la pop se trouvent réunis par une même plume, un architecte unique, extrêmement soucieux d’atteindre à de justes proportions. Il en ressort une musique qui, si elle n’est pas sans nombreux échos, ne saurait ressembler qu’à elle-même et ouvre des voies que Vincent Artaud entend bien explorer davantage. « Il n’y a pas vraiment de mélodie dans ce disque. C’est l’influence majeure de Debussy, mais c’est sur les conseils
d’Arnaud Rebotini que j’ai avancé dans cette direction. Je ne m’identifie pas au principe de la jolie mélodie. Dans Isaac Résonnant, ce sont des batteries simplement de vents et de cordes, sur des harmonisations minimalistes. A la mélodie, je préfère les gimmicks et leur imbrication, les fragments de modes, les bribes. »
Jugé déconcertant par certains, ce disque a provoqué l’adhésion immédiate et unanime des fondateurs de B-Flat Recordings qui ont décidé d’en faire la troisième référence de leur label. Les frères Belmondo, qui n’ignoraient rien des talents de Vincent Artaud depuis que celui-ci leur avait proposé de participer à l’enregistrement d’une suite pour cuivres et percussions de sa composition, se sont révélés d’emblée encourageants. Agencé, soigneusement mixé, « Artaud » s’offre comme l’objet arrêté d’une création en mouvement, sculpture dans le temps et dans le son d’un artiste appelé indiscutablement à faire encore parler de lui. Unique et envoûtant.
© Copyright Le New Morning, 2006.
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Patrick Artero
Trompette
Il est des musiciens qui
traversent les époques sans jamais rien perdre de leur fraîcheur et de
leur personnalité. Après plus de trente cinq années au service des
autres, des Haricots Rouges à Henri Salvador en passant par Stan Getz,
Raymond Fol, Martial Solal ou Ray Lema... Artero s'est lancé dans une
carrière solo. Après la relecture post-moderne de Bix Beiderbecke, il
nous propose aujourd'hui un Jacques Brel tout en jazz. Sur des
arrangements du très innovant Vincent Artaud, avec Giovanni Mirabassi
au piano, Daniel Garcia Bruno à la batterie, Minino Garai aux
percussions et en tout plus de 11 artistes, Il a enregistré le très plébiscité
"Artero-Brel".
Aujourd'hui, c'est un spectacle à part entière qu'il nous propose, un
spectacle hors norme, ou Brel danse sur la dissonance, où le jazz donne
un autre tempo au souffle du plat pays....
Adoncques, coupez-lui le verbe, lui castrer la truculence, lui raser la
mauvaise herbe. Brel sans paroles, tout nu comme un con, les mains
planquant pauvrement ses attributs. Bref, l’exposer au ridicule, lui
faire subir ce qu’il avait souvent infligé à ses sujets. Post
mortem, en plus.
J’avoue avoir fait la moue, à l’annonce de ce projet Brel
instrumental. Quand même, l’affaire était drivée par Patrick Artero,
trésor bien caché de la planète jazz. Moins, cependant, depuis
qu’il nous avait il y a deux ans offert une relecture quasi-baroque et
racée du cousin « Chicagoan » de Debussy, Bix Beiderbecke,
trompettiste-cornettiste comme lui ; bref, un bel exercice de style salué
à sa juste valeur par les autorités du jâââze. Et, accessoirement,
le premier disque à son nom d’un (largement) quinquagénaire au
souffle alerte.
Avant de nous pencher sur ce cas Brel, flashback sur cet intrépide fils
du sud (l’Espagne) né loin à l’est (Vietnam), qui envoya ses premières
salves notables avec les joyeux drilles des Haricots Rouges (au point de
relooker jazz New Orleans, tiens tiens… Brassens !). Patrick Artero a
longtemps pris la vie comme elle venait, c’est-à-dire en compagnon de
route, pour Stan Getz, Solal, Henri Salvador, Bolling, Guy Laffite, René
Urtreger. Et fol élève de Fol (Raymond), pianiste qui lui répétait
« ne cherchez pas à jouer note par note » et lui a enseigné… la démerde.
Artero a aussi titillé son sang méridional et s’est retrouvé
pionnier de la scène salsa parisienne avec La Manigua dans ces
exaltantes années 80, où on ouvrait des chemins. Puis ce fut le big
band latino-parisien Mambomania, autre belle aventure quoique moins
novatrice. Pendant des années, il a aussi soufflé pour tout ce qui
bougeait, Alpha Blondy, Zouk Machine, Touré Kunda, Ray Lema, Kassav’
et autres afro-créolitudes.
Brel est mots
Nous voici de retour dans le post-Bix. Peuchère, Patrick Artero a un
contrat d’artiste avec Nocturne.
Avec son jeune complice Sébastien Vidal (programmateur de TSF, « ze »
radio jazz), intronisé directeur artistique, ils se grattent la tête.
Artero n’a pas peur d’être labellisé « l’homme des reprises ».
Ils écument la chanson française. Patrick pense d’abord à Paul
Misraki, dont la version de « l’étang » par Blossom Dearie l’obsède,
mais le complice de Ray Ventura est un peu oublié. Brassens ? Déjà
fait avec les Haricots Rouges. Ferré ? Franchement, il ne connaît pas
assez bien. Alors Brel ? Il se plonge et replonge dans l’intégrale.
Il écarte les bondieuseries anti-curé (« Si j’étais le bon Dieu »,
« Les cathédrales »), et les tubes grosses ficelles « Rosa », «
Les bonbons », « Ne me quitte pas ». Il passe de soixante à quarante
puis à vingt thèmes.
Pour rhabiller Brel, big deal ! Le contrebassiste-arrangeur Vincent
Artaud se plonge dans l’affaire. Là où le Bix se jouait en quartet,
pour Brel, Vincent Artaud propose, en plus de la rythmique, une sonorité
inédite qui donne toute sa singularité au projet : trombone, basson,
clarinette, flûte et violon alto. Ni baroque ni précieux, mais festif
et classieux, avec une gamme infinie de reflets. Là où Artero donne le
ton, Artaud colorie. Une vraie association de malfaiteurs, tous deux
respectueux trafiquants de mélodies. Ne manque plus qu’une rythmique
d’orfèvres, plus l’éblouissant ciseleur de notes qu’est le
pianiste Giovanni Mirabassi et en inattendu bonus pimenté accélérant
le rythme cardiaque, les paluches effusives du percu argentin Minino
Garay.
Il ne vous reste plus qu’à faire affleurer voire refleurir les mots
sur ce canapé foisonnant. Le cousin Gaspard, la Mer du Mord, les
Flamandes qui dansent sans rien dire… Patrick Artero et ses acolytes
ont concocté un disque musicalement… incorrect où Brel danse sur la
dissonance, où le jazz donne un autre tempo au souffle du plat pays.
Rémy Kolpa Kopoul
ConneXionneur - Radio Nova - Paris
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février 2007.
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Vartan Arslanyan
Saz
Vartan
Arslanyan a vécu toute
sa jeunesse à Istanbul. Ayant grandi dans un environnement
musical familial fort riche, il fut bercé au timbre du oud et du saz.
Oriental de cœur, il a su grâce au saz et au oud apporter une touche
originale à la musique
arménienne. Membre depuis plus vingt ans dans l’Ensemble instrumental
traditionnel arménien « Djivani », il
a pu développer un répertoire particulier et donner au saz sa vraie
dimension ; c’est à dire celle d’un
instrument qui du Caucase à l’Anatolie, véhicule l’âme d’une
musique populaire authentique.
Aux confins de cultures
diverses, le Saz, instrument par excellence des Achours (troubadours
amoureux), grâce à ses
harmoniques particulières, donne une toute autre couleur aux mélodies
arméniennes. Vartan
Arslanyan exprime
au saz une nostalgie toute particulière.
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février 2007.
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Jack Ashford
Percussions
Following the success of
the award winning feature documentary film of 2002 entitled ‘Standing in
the Shadows of Motown’, musicians involved in the Funk Brothers have
formed their own spin-off, in a similar vein to other legendary groups The
Temptations and The Supremes. This Funk Brother Jack Ashford band is the
last of that era in its original form.
Legendary, celebrated Two Time Grammy Winner Jack ‘Black Jack’ Ashford
is the Funk Brother virtuoso whose vibes and tambourine made the Original
Motown Sound. His performance on almost every Motown hit during the 60’s
and 70’s was generated in the ‘Snake Pit’ and although much copied,
his delivery is unique. The recipient of two Grammies for the music in the
award winning ‘Standing in the Shadows of Motown’ not to mention his
Life Time Achievement Award,
Jack was born in Philadelphia in 1936. By the age of 32, he had started
working for Motown, as one of Berry Gordy’s session musicians who later
became known as the infamous Funk Brothers. Over the next few years he
toured with most of the famous artists of that label, including Marvin
Gaye and Tammi Terrell, Martha Reeves and the Vandellas, calling
themselves the Motown Review. In fact it was Marvin Gaye who requested
that Jack join Motown originally, when Marvin discovered Jack playing the
vibes in an organ trio in Boston. Jack went on to be their most prolific
percussionist, playing more than a dozen traditional percussion
instruments as well as some more obscure instruments such as knee slaps,
foot stomps ad his own invention, the hotel sheet.
Larry Johnson (lead vocalist) He’s the ‘the Front Guy’ who keeps the
show moving and brings to life all the favourite Motown hits that people
want to hear. Larry has shared the stage with many great artists including
Motown greats Stevie Wonder and Marvin Gaye as well as Earth Wind &
Fire, Al Green and The Barkays.
Gregory Wright (Musical Director) is a multi-talented artist, he has
worked in production, writing credits, arranging as well as being an
accomplished pianist. Other than the Funk Brothers, he has worked in some
capacity with artists such as Diana Ross, The Supremes, Marvin Gaye, The
Jacksons, Quincy Jones, Stevie Wonder, The Temptations and many more.
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décembre 2007.
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ASTA
Voix,
Guitare
Cette jeune artiste a
plus d’une corde à son arc puisqu’en plus de chanter, elle joue de
la guitare acoustique. Dans un air minimaliste plein d’émotion, elle
est accompagnée d’un groupe restreint de talentueux musiciens. Seule
avec sa guitare et sa stature de femme debout, Asta n’est pas sans
rappeler Tracy Chapman.
Asta est une synthèse
de talents qui jalonnent l’histoire de la musique africaine. Mais la
touche personnelle qu’a apportée Asta à son héritage musical
repousse les frontières naturelles du folk mandingue, univers musical
dans lequel elle excelle.
La profondeur de ses
textes et la pertinence de ses questionnements sur l’Homme lui offrent
les garanties d’un public amoureux de la musique africaine. Asta
travaille sur un double espace, entre la France et le Sénégal, à
travers des concerts qui lui ont valu un grand respect du public. Sa
voix mélodieuse transporte les mélomanes tel le reflux d’une vague
qui nous invite à un retour vers la maison mère : l’Afrique.
SITE INTERNET
www.myspace.com/astamusik
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novembre 2007.
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Brian Auger
Orgue
Hammond, KB
Brian Auger a grandi à Londres. Initié très jeune au piano et baignant au milieu des disques de jazz de son grand frère, il joue dans les clubs et forme le Brian Auger trio en 1962. En 1964, il est reconnu comme "new star" et "meilleur pianiste jazz" par le Melody Maker. C'est à cette même période qu'il décide de s'éloigner du jazz pour le
Rhythm'n'Blues, élargit sa formation avec John McLaughling (guitare) et Glen Hugues (saxo), et forme le Brian Auger Trinity, formation qui "split" rapidement. Il s'installe derrière un orgue Hammond B-3 accompagné d'un batteur et d'un bassiste, forme Steampacket avec Rod Stewart, Vic Briggs (Animals) et Julie Driscoll. Cette formation split à nouveau. Il forme alors Julie Driscoll, Brian Auger and the Trinity. Julie l'accompagne alors par intermittence. Open, leur premier album en 1967 grimpe dans les charts anglais. Suivent en 1968 Definitely What! et Streetnoise qui conquit les USA. C'est après le départ de Driscoll que le nom de BRIAN AUGER's Oblivion Express apparaît, formation dont les membres changent régulièrement pour aujourd'hui être familiale, puisque y figurent ses enfants Savannah et
Karma.
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Mariana Aydar
Chant
Née à Sao Paulo, elle est
née dans une famille de musiciens : d’un père producteur et
multi instrumentiste et d’une mère qui travaille avec de nombreux
artistes dans les quatre coins du pays.
C’est donc tout naturellement que très jeune, elle décide de
s’orienter vers une carrière artistique et prend successivement des
cours de guitare, de violoncelle et de chant.
Après des débuts professionnels dans le groupe de Miltinho Ediberto,
guitariste folk, sa carrière se développe progressivement grâce à une
participation au sein de la formation Banda Caruá, avec laquelle elle
reste deux ans aux côtés de Chico César et Virgínia Rosa. Elle
participera également au projet Elba Invites dans la ville de Trancoso, où
elle monte sur scène avec Samuel Rosa (Skank), Toni Garrido (Cidade Negra),
Trio Virgulino, Dominguinhos, Arnaldo Antunes... et sera également
choriste, notamment avec Daniela Mercury lors du Carnaval de Bahia.
A son arrivée à Paris en 2004, la capitale est le centre d’une
effervescence culturelle autour de la musique brésilienne et où de
jeunes talents côtoient des stations de radio alternatives avec des Français
qui adorent cette musique et qui souhaitent créer de nouvelles choses.
Pendant cette période de découvertes, Mariana rencontre Seu Jorge, qui
l'invite à chanter en première partie des concerts de sa tournée européenne.
C’est à cette époque qu’elle réalise à quel point les sambas font
partie de l’essence brésilienne. Mariana veut alors partager cette
expressivité et décide de retourner au Brésil en 2006 afin de préparer
son 1er album.
Intitulé Kavita 1 (un mot Sanskrit qui signifie “poète”) et produit
par Universal, cet album traduit une musicalité osée qui provoque des
rencontres entre ses propres compositions et de nouveaux auteurs, à côté
de reprises des classiques de la pop brésilienne.
Très à l'aise, sa voix se déplace avec grâce entre les rythmes de la
samba et les classiques de la chanson, entre la musique forró et les sons
contemporains : une musicalité moderne, aérienne, relevé par le
charme subtil de Mariana.
DISCOGRAPHIE
SITES
INTERNET
www.myspace.com/marianaaydar
www.marianaaydar.com.br
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2007.
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Roy Ayers
Vibraphone,
Voix
”The Godfather of ACID
JAZZ”
LE VIBRAPHONISTE mondialement reconnu,
Avec son titre interplanétaire
" Everybody love the Sunshine"
Et 63 Albums à son actif, il est le Maître incontesté en la matière.
Lionel Hampton lui offrit son 1er instrument à 5 ans et c'est à 17 ans
qu'il l'embaucha dans son célèbre Big Band.
Après avoir joué avec les plus grands du "West Coast Jazz" :
Curtis Amy, Jack Wilson, Gérald Wilson Orchestra, Teddy Edwards, Chico
Hamilton, Hampton Hawes, Phineas Newborn, il enregistre 3 Albums avec
Herbie Mann.
En 1970 il crée son propre groupe : "The Roy Ayers Ubiquity" et
enregistre alors pas moins de 22 Albums avec des Artistes aussi connus que
: Sonny Fortune, Billy Cobham, Omar Hakim.
Après avoir pris avec talent le virage disco, cet artiste décidément
multiforme livrera des morceaux annonçant la House music, épousant la
rythmique Hip Hop et innovant l'Acid Jazz. Les adeptes les plus pointus de
la fusion musicale ont reconnu l'importance de ce créateur touche à tout
en faisant souvent appel à lui. Il a joué, enregistré ou été samplé
par : Stevie Wonder, Lonnie Linston Smith, Groover Washington Jr, Herbie
Hancock, Stanley Clarke, Galliano, The Roots, etc.
Dans les Années 80, Roy compose des Titres et produit un Album avec Fela
Anikulapo-kuti.
En 93 apparaît sur le disque de Guru Jazzmatazz.
Travaille étroitement avec Erika Badhu et Betty Wright, qui disent de lui
qu'il est le Père de la " Néo-Soul".
Aujourd’hui, c'est l'un des Artistes les plus samplés au Monde. Il nous
revient avec cet Album d'inédits et sa Formation Funk " Virgin
Ubiquity unrealeased recordings 76-81".
Cet artiste plaira autant aux amoureux de Hip Hop, de Soul, de Jazz,
Jeunes et Vieux,
En fait, tout ceux qui apprécient la bonne Musique…
“ Real Music for real People…”
Les mots rendent peu justice à
l'importance des plus de quarante années d’enregistrements et de représentations
que Roy Ayers nous a offert. Du jour où, en 1945, Lionel Hampton vit ce
gamin extatique sauter de joie sur sa musique et lui offrit le cadeau de
sa vie, un vibraphone, son destin était scellé. En 2003, Roy continue de
combler des salles partout dans le monde, jouant avec la même énergie et
passion qu'en 1945 devant le big band de Lionel Hampton.
Pour beaucoup, ses enregistrements pour Polydor dans les années
soixante-dix restent les plus mémorables, son âge d'or, souvent samplé
et toujours aussi pertinent ; en attestent les 14 différents « bests of
» sortis ces vingt dernières années.
A l'automne 2001, BBE a sorti un album de la série Beat Generation,
produit par l'un des pionniers du hip hop - Marley Marl. Durant son
enregistrement, Edwin Birdsong, Roy Ayers, et Peter Adarkwah, à la tête
de BBE, se sont réunis et ont ré-enregistré un classique moins connu de
Roy, « Hummin ». Après cette première rencontre, ils restèrent en
contact. Roy réalisa que l'intérêt que lui portait Peter allait au delà
de l'admiration de fan ; il lui donna accès à des centaines d'inédits.
L'album que nous vous présentons est le premier de ce qui deviendra
certainement une série de disques, donnant vie à ce que l'on pourrait
appeler le Graal de toute quête de mélomane.
Lors des premières écoutes du disque, l'excitation dans nos bureaux était
incroyable et une file d'amis se forma à l'entrée pour écouter
respectueusement ce trésor. On a donc sorti notre collection de Roy Ayers,
et on s'émerveille encore de la qualité de ces disques récemment découverts,
tous de merveilleux classiques.
Cet album plaira autant aux amoureux de hip hop, de soul, de jazz. Jeunes,
vieux, en fait tout ceux qui apprécient la bonne musique… et sont fidèles
à l’adage de BBE :
“Real music for real people”
VIBRAPHONISTE mondialement
reconnu, avec son titre interplanétaire " Everybody love the
Sunshine" et 63 Albums à son actif, il est le Maître incontesté en
la matière.
Lionel Hampton lui offrit son 1er instrument à 5 ans et c'est à 17 ans
qu'il l'embaucha dans son célèbre Big Band.
Après avoir joué avec les plus grands du "West Coast Jazz" :
Curtis Amy, Jack Wilson, Gérald Wilson Orchestra, Teddy Edwards, Chico
Hamilton, Hampton Hawes, Phineas Newborn, il enregistre 3 Albums avec
Herbie Mann.
En 1970 il crée son propre groupe : "The Roy Ayers Ubiquity" et
enregistre alors pas moins de 22 Albums avec des Artistes aussi connus que
: Sonny Fortune, Billy Cobham, Omar Hakim.
Après avoir pris avec
talent le virage Disco, cet artiste décidément multiforme livrera des
morceaux annonçant la House music, épousant la rythmique Hip Hop et
innovant l'Acid Jazz. Les adeptes les plus pointus de la fusion musicale
ont reconnu l'importance de ce créateur touche à tout en faisant souvent
appel à lui. Il a joué, enregistré ou été samplé par : Stevie
WONDER, Lonnie LISTON SMITH, Groover WASHINGTON JUNIOR, Herbie HANCOCK, Stanley
CLARKE… GALLIANO, THE ROOTS… etc.
Dans les Années 80, Roy compose des Titres et produit un Album avec Fela
ANIKULAPO-KUTI.
En 93 apparaît sur le disque de GURU JAZZMATAZZ.
Travaille étroitement avec Erika BADU et Btty WRIGHT, qui disent de lui
qu'il est le Père de la " Néo-Soul".
Aujourd'hui, c'est l'un des Artistes le plus sampler au Monde ; il nous
revient avec cet Album d'inédits et sa Formation Funk
" Virgin Ubiquity unrealeased recordings 76-81".
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Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, novembre
2007.
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